MAGHREB
29/09/2015 09h:57 CET | Actualisé 29/09/2015 10h:29 CET

Tunisie - "Brouille" entre les Emirats et la Tunisie: Le ministère de la justice et l'OTIM démentent la convocation de l'émir de Dubaï

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Un article publié sur le site de "Jeune Afrique", selon lequel un juge tunisien aurait adressé une convocation à un homme politique émirati, provoquant un incident diplomatique entre la Tunisie et les Émirats, a été démenti lundi par le ministère de la Justice, ainsi que l'Observatoire tunisien pour l'indépendance de la magistrature (OTIM).

Dans l'article daté du 24 septembre 2015, "Jeune Afrique" constate qu'après avoir été un soutien à la candidature de Béji Caïd Essebsi à la présidentielle 2014, la politique des Emirats arabes unis envers la Tunisie a pris une nouvelle tournure: "Les autorités émiraties, invoquant des raisons de sécurité (la forte présence de combattants tunisiens dans les réseaux jihadistes), ont suspendu l’octroi de visas aux ressortissants" tunisiens.

L'origine de cette "brouille qui ne dit pas son nom", selon "Jeune Afrique", résiderait plutôt dans une "suprême offense" envers l'émir de Dubai, Cheikh Mohammed Ben Rached Al Maktoum:

Il s'agit d'"un 'sabotage judiciaire ourdi par un magistrat proche du CPR' (le parti de l’ancien président Marzouki)", a assuré le journal.

"Saisi d’une affaire de malversations dans le secteur de l’immobilier, le juge aurait, au grand dam de l’exécutif, adressé une convocation à Cheikh Mohammed Ben Rached Al Maktoum (...) Il se serait rendu en personne à l’ambassade des Émirats pour remettre officiellement sa requête", peut-on encore lire dans l'article.

Après avoir été relayée par plusieurs médias tunisiens, l'information a été démentie lundi par le ministère de la Justice, dans un communiqué publié sur sa page Facebook: "Le ministère dément (...) le fait que Cheikh Mohammed Ben Rached Al Maktoum ait été convoqué ou soumis à un mandat d'arrêt ou à une quelconque mesure judiciaire, de la part des autorités judiciaires compétentes".

بـــــــلاغتنفـى وزارة العـدل مـا راج من أخبـار فى بـعض وسـائل الاعـلام من أنّ حـاكم دبـي الشّيخ محمد بن راشـد ال مكتـ...

Posted by ‎Ministère De La Justice-Tunisie وزارة العدل- تونس‎ on lundi 28 septembre 2015

L'OTIM, de son côté, a aussi nié cette information, en se basant sur "des données directes" du tribunal de première instance.

"Les mandats d'arrêts internationaux et les convocations adressées aux accusés étrangers sont prononcés selon les conventions de coopération judiciaire à travers les ministères des Affaires étrangères et de la Justice, sans intervention directes des juges d'instruction ou des membres du parquet", a affirmé l'organisation dont la mission est d'observer l'indépendance de la justice en Tunisie.

Le 17 septembre, le ministre tunisien des Affaires étrangères, Taieb Baccouche, avait affirmé que "des éléments liés à la justice" sont à l'origine de la tension entre les deux pays.

"Cela ne s'est pas passé durant notre mandat", a-t-il affirmé sans livrer plus de précision sur l'affaire.

Il a par ailleurs confirmé au cours de cet entretien que les autorités des Emirats refusaient de livrer des visas aux citoyens tunisien.

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