MAGHREB
29/09/2015 11h:44 CET | Actualisé 30/09/2015 07h:10 CET

Tunisie: L'OIM lance une campagne de sensibilisation pour lutter contre la traite des personnes

OIM

Une campagne de sensibilisation a été récemment lancée, inscrite dans le cadre du projet SHARE 2 "Soutien en matière de législation contre la traite des personnes en Tunisie et renforcement des capacités nationales pour l’identification et l’assistance des victimes ", mis en oeuvre par l’Organisation Internationale pour les Migrations en collaboration avec le gouvernement tunisien.

Cette campagne audiovisuelle est l’un des objectifs du projet "SHARE 2" (2014/2017), en continuité avec le projet "SHARE" qui s’est étalé de 2011 à 2013. Une vidéo d’animation intitulée "Histoire de Fatma" a été publiée en 2013 sur YouTube . Elle retrace la mésaventure d’une jeune femme tunisienne qui s’est retrouvée sans papiers et forcée à intégrer un circuit de prostitution à l’étranger, suite à une recherche d’un emploi sur internet.

D’autres courts métrages sont en cours de réalisation et seront publiiés durant les derniers mois de l'année 2015. Ceux-ci illustreront d’autres types de traite.

Le 2 septembre 2015, le projet de loi organique relatif à la prévention et à la lutte contre la traite des personnes à été discuté à la Commission des droits et des libertés de l'Assemblée, avec la participation de représentants de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Les recommandations élaborées et présentées à la commission des droits et des libertés de l’Assemblée visent à soutenir le gouvernement tunisien dans la promulgation d’une législation contre la traite des personnes, qui soit conforme aux conventions internationales dont le protocole de Palerme (ratifié en 2003 par la Tunisie). Elles visent aussi à encadrer techniquement la Commission Nationale Anti-Traite en Tunisie. L’OIM insiste par ailleurs sur la nécessité de l’établissement d’un plan d’action national qui assure la mise en oeuvre de la loi.

L'article 3 du Protocole de Palerme 2000 énonce:

L’expression “traite des personnes” désigne le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil de personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou à d’autres formes de contrainte, par enlèvement, fraude, tromperie, abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité, ou par l’offre ou l’acceptation de paiements ou d’avantages pour obtenir le consentement d’une personne ayant autorité sur une autre aux fins d’exploitation.

L’exploitation comprend, au minimum, l’exploitation de la prostitution d’autrui ou d’autres formes d’exploitation sexuelle, le travail ou les services forcés, l’esclavage ou les pratiques analogues à l’esclavage, la servitude ou le prélèvement d’organes

Soutenu par diverses associations, ministères et organisations non gouvernementales, SHARE 2 cible essentiellement les jeunes et les migrants, considérés les plus vulnérables face à ce phénomène. Dans des étapes ultérieures, ce projet vise à renforcer les capacités des acteurs ainsi que l’assistance directe des victimes.

Selon le rapport "Etude Exploratoire sur la traite des personnes en Tunisie", le pays est à la fois un pays d’origine de transit et de destination de la traite. Les plupart des victimes tunisiennes de traite en Tunisie sont mineures. A l’étranger, elles se trouvent principalement en Europe (Italie) et au moyen Orient. Elles sont le plus souvent exploitées dans l’agriculture, la prostitution et le travail domestique.

Les victimes de traite étrangères en Tunisie sont généralement d’origine subsaharienne et sont aussi exploitées sexuellement et dans le travail domestique.

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