MAGHREB
28/09/2015 08h:55 CET | Actualisé 28/09/2015 09h:07 CET

Moncef Marzouki dénonce le test anal pratiqué sur un Tunisien comme une "atteinte à l'intégrité physique et la dignité humaine"

Presidential candidate and Tunisian President Moncef Marzouki addresses media after he casts his vote, during the first round of the Tunisian presidential election, in Sousse, Tunisia, Sunday, Nov. 23, 2014. Tunisia took another step forward in its peaceful transition to democracy on Sunday by holding its first free presidential election, with voters hoping for more stability and a better economy. (AP Photo/Ali Louati)
ASSOCIATED PRESS
Presidential candidate and Tunisian President Moncef Marzouki addresses media after he casts his vote, during the first round of the Tunisian presidential election, in Sousse, Tunisia, Sunday, Nov. 23, 2014. Tunisia took another step forward in its peaceful transition to democracy on Sunday by holding its first free presidential election, with voters hoping for more stability and a better economy. (AP Photo/Ali Louati)

Moncef Marzouki a pris la défense dimanche sur sa page Facebook de l'étudiant condamné à un an de prison pour "pratiques homosexuelles" en partageant un communiqué du mouvement "Médecins contre la dictature", dénonçant la méthode du test anal.

Une phrase signée par l'ancien président de la République introduit ce communiqué: "Non à l'atteinte à l'intégrité physique et la dignité humaine sur qui que ce soit et quelle que soit notre position".

لا للاعتداء على الحرمة الجسدية والكرامة البشرية ايا كان ومهما كانت مواقفنا منه منصف المرزوقي أطباء ضد الدكتاتوريةعلى...

Posted by Moncef Marzouki - Page officielle on dimanche 27 septembre 2015

Le mouvement des médecins y dénonce le test anal comme une méthode "punitive" qui risque de prendre de l'ampleur "d'autant plus que les services de la sécurité nationale ont encore des pratiques qui s'éloignent du respect de la loi et des libertés".

L'affaire date du 6 septembre. Le jeune homme de 22 ans avait été arrêté à Hammam-Sousse dans le cadre d'une affaire d'homicide. Durant l'audition, il a nié toute implication dans ce décès mais reconnu avoir eu, par le passé, des relations sexuelles avec cette personne. Les autorités l'ont alors forcé à subir un test anal.

Mardi 22 septembre, il a été condamné à un an de prison ferme, en vertu de l’article 230 du code pénal qui sanctionne les rapports homosexuels. Le jeune homme a fait appel de son jugement, selon son avocate.

Après l'annonce du jugement, le médecin qui a pratiqué l'examen médical anal a été sous le feu des critiques, plusieurs activistes, médecins et associations l'accusant d'avoir failli à la déontologie du métier.

"La médecine légale sous Ben Ali était au service des bourreaux. N'est-il pas temps maintenant qu'elle soit au service de l'homme?, s'interroge Médecins contre la dictature, avant de citer l'article 7 du code déontologique médical:

"Un médecin sollicité ou requis pour examiner une personne privée de liberté ou pour donner des soins ne peut, directement ou indirectement, ne serait-ce que par sa seule présence, favoriser ou cautionner une atteinte à l'intégrité physique ou mentale de cette personne ou à sa dignité".

LIRE AUSSI: Tunisie: Affaire de la condamnation pour "pratiques homosexuelles": La commission des droits et des libertés interpelée, Bochra Belhaj Hmida répond

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.