MAGHREB
28/09/2015 09h:13 CET

Tunisie: Human Rights Watch appelle à la libération d'un étudiant jugé pour "actes homosexuels"

wikimedia/collage

Human Rights Watch (HRW) a appelé lundi à annuler le jugement à un an de prison ferme contre un étudiant pour "actes homosexuels", et pressé les autorités tunisiennes de dépénaliser l'homosexualité.

"Les autorités tunisiennes devraient annuler immédiatement la peine de prison et libérer" le jeune homme, jugé le 22 septembre par un tribunal de Sousse (centre-est), affirme l'ONG dans un communiqué.

"Si la Tunisie souhaite devenir un leader régional en matière de droits de l'homme, elle devrait ouvrir la voie à la dépénalisation de l'homosexualité", a ajouté son directeur-adjoint pour la région Moyen-Orient et Afrique du nord (Mena), Eric Goldstein.

L'ONG basée à New York exhorte ainsi le Parlement tunisien à "abroger" l'article 230 du code pénal, qui rend passible de trois ans d'emprisonnement la sodomie et le lesbianisme.

Dans le cas de l'étudiant jugé à Sousse, HRW dénonce également le recours à un examen anal, une pratique qualifiée de "cruelle", "inhumaine" et "dégradante", contraire aux lois internationales et pouvant être assimilée à

un acte de "torture" selon l'ONU.

"Les ministères de l'Intérieur, de la Justice et de la Santé devraient immédiatement ordonner de cesser le recours à (ces) examens dans le cadre d'enquêtes de police sur des comportements sexuels entre adultes consentants", avance HRW.

Arrêté le 6 septembre dans la région de Hammam-Sousse afin d'être interrogé sur une affaire d'homicide, le jeune homme, dont l'identité n'a pas été dévoilée, a nié toute implication dans le décès mais reconnu avoir eu, par le passé, des relations sexuelles avec la victime.

D'après son avocate Me Fadoua Braham, la police a alors rédigé un autre procès-verbal et l'a obligé à se soumettre à un examen anal, avant son inculpation pour homosexualité.

Cet étudiant a fait appel du jugement à un an d'emprisonnement, tandis que sa condamnation a été vivement dénoncée par des ONG locales dont l'Association tunisienne de soutien aux minorités et Shams. Celles-ci ont réclamé une

révision du code pénal, se fondant notamment sur la nouvelle Constitution qui fait de l'Etat tunisien le "garant de la protection de la vie privée des citoyens".

Shams a en outre récemment lancé une campagne sur internet contre les "tests de la honte", jugeant "scandaleux" le recours à un examen anal.

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