MAGHREB
28/09/2015 12h:24 CET | Actualisé 20/02/2016 08h:53 CET

Selon une étude, plus 8 Tunisiennes sur 10 victimes de violences ne portent pas plainte

Violence faite aux femmes
Alain Bachellier/Flickr
Violence faite aux femmes

Plus de huit femmes sur dix victimes de violences, subies majoritairement dans le cadre familial, ne portent pas plainte en Tunisie, premier pays arabe à avoir criminalisé de tels comportements, selon une étude publiée lundi par une ONG.

Financée par le gouvernement du Canada, cette enquête de l'Institut national démocratique pour les Affaires internationales (NDI), menée en août auprès de 1.527 femmes de 16 ans et plus dans 150 localités, porte sur "les

priorités et perceptions des Tunisiennes".

Selon ses résultats présentés à la presse, 23% des Tunisiennes disent avoir été victimes de violences, principalement d'ordre "psychologique et verbal" (80%) mais aussi physique (40%). Plus de la moitié ont lieu dans le cadre familial (53%).

Surtout, 81% des victimes déclarent ne pas avoir porté plainte après ces violences, lesquelles touchent principalement les divorcées (57%).

A la question de savoir "pourquoi l'Etat ne s'occupe pas suffisamment" de ce fléau, la première réponse est qu'il a "d'autres priorités" et que la "cause des femmes est considérée comme secondaire".

S'agissant des mesures à entreprendre, 34% des Tunisiennes évoquent la nécessité de "lois fermes", de "sanctions à l'encontre des personnes qui violentent les femmes" (26%) et d'"actions de sensibilisation" dans les médias

et les services sociaux (13%).

Parmi les autres enseignements de l'étude figure le fait que 71% des Tunisiennes jugent qu'il devrait y avoir "davantage de mesures pour donner à la femme des opportunités sur le marché de l'emploi". Elles sont enfin "plus

de 70%" à penser que "la situation s'est détériorée par rapport à l'an dernier", en matière de pouvoir d'achat notamment.

La Tunisie est le premier pays arabe à avoir criminalisé la violence contre la femme, avec le Code du statut personnel de 1956.

Adoptée début 2014, la Constitution stipule que "les citoyens et les citoyennes sont égaux en droits et en devoirs" et que l'Etat s'engage à protéger et améliorer les droits de la femme.

La majorité des faits de violences à l'encontre des femmes restent pourtant impunies et "leurs auteurs trop rarement inquiétés", selon des ONG locales.

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