MAGHREB
28/09/2015 13h:51 CET | Actualisé 01/10/2015 08h:04 CET

Tunisie: Le ministre de la Justice appelle à l'abrogation de l'article 230 du Code Pénal qui criminalise les pratiques homosexuelles (VIDÉO)

Le ministre de la Justice, Mohamed Salah Ben Aissa a appelé sur les ondes de la radio Shems FM à abroger l'article 230 du Code Pénal suite à l'arrestation d'un jeune étudiant pour pratiques homosexuelles après un test anal.

Le ministre de la Justice a déclaré qu'une réflexion devait être menée afin d'abroger l'article 230 du Code Pénal jugé contraire aux libertés individuelles et au respect de la vie privée rappelant que "plusieurs lois devront être amendées voire abrogées au vu de la nouvelle Constitution" qui protège ces droits fondamentaux.

Quant à l'affaire touchant au jeune étudiant condamné à un an de prison sur la base de l'article 230, le ministre de la Justice a affirmé que ce dernier avait été arrêté dans le cadre d'une enquête sur un meurtre. "Durant l'enquête, l'étudiant a avoué avoir eu des pratiques sodomites avec la victime. Or l'article 230 criminalise la sodomie... Il y a eu une réquisition légale à travers un médecin légiste qui a confirmé cela", a-t-il assuré, ajoutant que si des dépassements étaient avérés, cela était du ressort de la Justice.

Toute ce qui s'est passé dans le cadre de l'affaire du jeune étudiant sont "des détails" affirme le ministre de la Justice avant d'ajouter: "Pour moi le problème c'est l'article 230. C'est lui l'origine du problème, c'est lui qui criminalise. La criminalisation est le problème... Ce problème (...) se situe dans le fait que nous avons une loi qui criminalise cet acte".

"Après l'adoption de la nouvelle Constitution, il n'est plus admis de violer les libertés individuelles, la vie privée et les choix personnels même sexuels..." des citoyens, a-t-il dit. "La société doit fournir à l'individu toutes les conditions pour jouir des ses droits individuels, sans que cela ne touche aux droits collectifs", a-t-il conclu.

De nombreuses ONG et partis politiques ont appelé à retirer l'article 230 du Code Pénal à l'instar de Human Rights Watch, de l'Association Tunisienne des Femmes Démocrates ou encore du parti Al Qotb à la suite de l'affaire du jeune étudiant condamné à un an de prison sur la base de cet article, après avoir subi un test anal.

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