MAGHREB
28/09/2015 08h:07 CET

L'Association Tunisienne des Femmes Démocrates appelle à la fin de la discrimination sur la base de l'orientation sexuelle

L'Association Tunisienne des Femmes Démocrates (ATFD) a vivement condamné dimanche la peine d'une année de prison prononcée contre un jeune étudiant accusé de "pratiques homosexuelles", après avoir subi un test anal.

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Posted by Association Tunisienne des Femmes Démocrates ( Page Officielle) on dimanche 27 septembre 2015

L'association appelle ainsi à mettre fin à toute discrimination entre les citoyens tunisiens basée sur leurs orientations ou leurs choix sexuels et appelle à la dépénalisation de l'homosexualité en Tunisie.

Dans son communiqué, l'ATFD affirme que cette condamnation vise à discriminer une partie des citoyens tunisiens et va à l'encontre de l'article 21 de la Constitution qui dispose que: "Les citoyens et les citoyennes, sont égaux en droits et devoirs. Ils sont égaux devant la loi sans discrimination aucune". Pire encore, l'obligation de l'Etat de protéger la vie privée conformément aux dispositions de l'article 24 de la Constitution a été violé.

Par ailleurs, la pratique d'un test anal représente pour l'ATFD une violation de la dignité de la personne et son intégrité physique garanties par l'article 23 de la Constitution. Ce test "nous rappelle les tests de virginité pratiqués, malgré leur illégalité, par certains enquêteurs pour juger de la vertu des femmes concernées", affirme l'ATFD.

Dénonçant cette pratique non déontologique pour les médecins, l'ATFD demande le retrait de l'article 230 du Code Pénal, pénalisant les pratiques homosexuelles ("sodomie" et "lesbianisme"), dans le sens où celui -i n'est plus en adéquation avec la nouvelle Constitution tunisienne qui protège les libertés individuelles. Par ailleurs, l'ATDF préconise la criminalisation des tests de virginité et des tests anaux lorsqu'ils touchent à la vie privée et à la la dignité des personnes. Ces tests ne doivent être menés que pour "prouver une exposition à la violence et avec le consentement de la victime", recommande l'ATFD.

Un jeune tunisien de 22 ans a été condamné à un an de prison après avoir subi un test anal ayant pour but de vérifier "s'il était habitué à avoir des relations sexuelles avec des hommes". Interrogé dans le cadre d'une affaire d'homicide, dans laquelle il a nié son implication, il avait avoué avoir eu des relations sexuelles avec la victime par le passé.

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