ALGÉRIE
26/09/2015 13h:42 CET | Actualisé 26/09/2015 13h:43 CET

3104 cas de disparitions forcées non élucidés selon l'ONU, "déçu" par l'attitude de l'Algérie face à la question

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Plus de 3.100 cas de disparitions forcées survenues entre 1980 et 2015 restent non élucidés en Algérie, selon le nouveau rapport du "Groupe de travail de l’ONU sur les disparitions forcées ou involontaires", qui a déploré dans son document le refus des autorités algériennes de lui accorder le droit de visite dans le pays. Cette instance s'est dite "déçue" des tergiversations de l’Algérie face à la question des disparus.

Le "Rapport du Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires" rend compte des activités et des cas examinés du 17 mai 2014 au 15 mai 2015 en Algérie. Et le résultat est loin de ravir les militants des droits de l’Homme, seulement un seul cas ayant été élucidé.

Au lancement de cette enquête, le document, soumis à la 30e session du Conseil des droits de l'Homme qui se tient du 14 septembre au 2 octobre 2015 à Genève, note 3.047 cas de disparitions forcées non réglés. Cependant, les résultats établis à la fin de la période susnommée montrent une hausse de ces cas de disparitions, atteignant 3104 cas, dont 20 femmes.

Selon les chiffres de ce rapport, sur les 3.132 cas de disparitions forcées communiqués au Conseil des droits de l’Homme, 3.104 restent non expliqués depuis 1980. Le Groupe de travail précise que les cas élucidés représentent 11 remises en liberté, 10 détentions et 8 décès. Le gouvernement algérien a, selon la même source, clarifié 9 cas, tandis que les 20 autres affaires ont été élucidées par différentes sources.

"Déçu" des tergiversations de l’Algérie

Durant son enquête du 17 mai 2014 au 15 mai 2015, le Groupe du travail sur les disparitions forcées ou involontaires affirme n’avoir élucidé qu’un seul cas.

A travers son compte rendu, le GTDFI dit regretter "que sa visite en Algérie ne se soit pas concrétisée, bien qu’il ait été invité à s’y rendre pendant le deuxième semestre de 2014".

"Le Groupe de travail est profondément déçu par le fait que, malgré la communication officielle reçue en février 2014, dans laquelle le Gouvernement algérien l’invitait à se rendre dans le pays au deuxième semestre de 2014, celui-ci n’a pas accepté les différentes dates qui lui ont été proposées", fait remarquer le rapport.

"Le Groupe de travail espère qu’il sera bientôt autorisé à effectuer une visite dans le pays", a rajouté le GTDFI.

Ces plus de 3.000 affaires en cours de traitement par le Groupe de travail font partie des 8.023 dossiers de disparitions forcées évoqués officiellement par l'Algérie auprès de l'ONU. 6.146 cas sont du fait des agents de l'état, selon, en outre, Nacera Dutour, Porte-parole du Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA).

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"Des fins politiques"

Lors d’une conférence de presse animée au Forum du quotidien national DK New, Me Azzi, président de la Cellule d'assistance judiciaire pour l'application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, adoptée le 15 août 2005, a annoncé la remise prochaine au Président de la république "un rapport final et global" contenant "un nombre de suggestions pour consolider les acquis" de cette Charte.

Me Azzi a expliqué lors de cette conférence, animée conjointement avec le président de la Commission nationale consultative pour la protection et la promotion des droits de l'homme (CNCPPDH), Farouk Ksenini, que le rapport comprend plusieurs thèmes relatifs notamment à la Charte, y compris "les démarches et les dispositions relatives à l’indemnisation des disparus".

Le président de la Cellule d'assistance judiciaire pour l'application de la Charte a dit refuser de se focaliser sur le dossier des disparus, "utilisé à des fins politiques par certaines parties en Algérie et à l’étranger, alors que ces mêmes parties avaient omis d’évoquer les dossiers des femmes violées et des enfants nés au maquis", a-t-il dit.

"Nous ne faisons pas de distinction entre les dossiers de la tragédie nationale que nous devons régler dans leur globalité", a-t-il ajouté, précisant que « plus de 7.100 familles de disparus bénéficient d’indemnisation dans le cadre des dispositions de la Charte".

Galerie photoRassemblements SOS disparus à Alger Voyez les images

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