MAGHREB
24/09/2015 11h:13 CET | Actualisé 24/09/2015 11h:45 CET

Témoignage du jeune tunisien condamné à un an de prison pour homosexualité, après avoir subi un tes anal "contre son gré"

Drapeau arc-en-ciel
Pixabay
Drapeau arc-en-ciel

L'étudiant tunisien condamné mardi à un an de prison pour homosexualité a fait appel de son jugement, a déclaré son avocate.

Le jeune homme avait été arrêté le 6 septembre dans la région de Hammam-Sousse afin d'être interrogé dans le cadre d'une affaire d'homicide, son numéro ayant été retrouvé sur le téléphone de la victime, a affirmé à l'AFP Me Fadoua Braham.

Durant l'audition, il a nié toute implication dans ce décès mais reconnu avoir eu, par le passé, des relations sexuelles avec cette personne. "Un autre procès-verbal a alors été rédigé et mon client a, contre son gré, été soumis à un examen anal", a poursuivi Me Braham.

Inculpé, il a été condamné mardi par le tribunal de première instance de Sousse à un an de prison ferme pour homosexualité, jugement dont il a fait appel dès le lendemain, selon la même source. Le tribunal n'a lui pu être joint ce jeudi, jour férié en Tunisie.

"Je ne comprends pas pourquoi j'ai été condamné (...) ni pourquoi j'ai été placé en détention durant six jours sans avoir le droit de contacter mon avocat", a pour sa part réagi auprès de l'AFP le jeune homme, contacté par le biais de son conseil.

"Je veux sortir et reprendre une vie normale. Je me demande comment je vais faire pour mes études et mon travail. Je ne veux pas être rejeté par la société", a-t-il ajouté, sous couvert d'anonymat.

Cette condamnation a été vivement dénoncée par des ONG locales, dont l'"Association tunisienne de soutien aux minorités", "Damj" ou encore "Shams". Cette dernière a récemment lancé une campagne sur internet contre les "tests de la honte", jugeant "scandaleux" le recours à un examen anal.

Ces ONG réclament la révision de l'article 230 du Code pénal, qui rend passible de trois ans d'emprisonnement la sodomie et le lesbianisme. Elles se fondent notamment sur la nouvelle Constitution, qui fait de l'Etat le "garant

de la protection de la vie privée des citoyens".

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