MAROC
22/09/2015 10h:09 CET | Actualisé 22/09/2015 13h:03 CET

Ces ministres qui ont quitté le gouvernement Benkirane

Ces ministres qui ont quitté le gouvernement Benkirane
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Ces ministres qui ont quitté le gouvernement Benkirane

GOUVERNEMENT – Le gouvernement Benkirane aura connu trois remaniements depuis 2011. Retrait de l’Istiqlal de la majorité, controverses politiciennes et récente démission de Mohand Laenser, jusque là ministre de la Jeunesse et des sports. Tant de raisons qui ont conduit pas moins de neuf ministres à quitter le navire gouvernemental. Le HuffPost Maroc passe en revue près de quatre ans d’un gouvernement en éternel mouvement.

Remaniement III: Laenser ouvre le bal

Le gouvernement Benkirane va donc connaître un troisième (mini) remaniement. La raison? La démission de Mohand Laenser de son poste de ministre de la Jeunesse et sports, officiellement remise au chef du gouvernement le 17 septembre pour validation.

Une démission qui fait suite à l’élection du ministre haraki à la tête du Conseil de la région Meknès-Fès, alors que les textes électoraux interdisent le cumul du mandat de président de région avec la fonction de ministre.

Mohand Laenser avait officiellement été nommé à la tête du ministère de la Jeunesse et des sports en mai 2015. Désormais, le secrétaire général du Mouvement populaire devra faire une proposition au chef du gouvernement quant à son successeur pour un arbitrage royal.

Ce changement à la tête du ministère, qui cette fois-ci n’est lié à aucun scandale, ouvre la voie à un à nouveau remaniement, le troisième depuis que le PJD a remporté les législatives en novembre 2011, après celui de juillet 2013 consécutif au retrait de l’Istiqlal du gouvernement et celui de mai 2015, résultant de la démission de trois ministres et au décès du ministre d'État Abdellah Baha.

Remaniement II: Fini les scandales

Table rase des "scandales" du gouvernement. Le deuxième remaniement est certainement le plus médiatisé, et ce à cause du passif des ministres éjectés du gouvernement. D’abord Lahbib Choubani et Soumia Benkhaldoun, tous deux ayant fait la une de la presse nationale pour leur histoire d’amour.

"Roméo et Juliette", respectivement ministre chargé des Relations avec le parlement et la société civile et ministre déléguée auprès du ministère de l’Enseignement supérieur, ont provoqué une vive polémique. En cause: leur futur mariage, alors que Lahbib Choubani avait déjà une première épouse. Le "scandale" avait éclaté lorsque Hamid Chabat avait révélé cette histoire lors d’un meeting électoral à Errachidia, ville natale de Lahbib Choubani. Ce dernier est finalement remplacé par Abdelaziz El Omari du PJD, désormais maire de Casablanca à l’issue des dernières élections du 4 septembre. Sa dulcinée cède sa place à Jamila Moussali, parlementaire de longue date du parti de la lampe.

Mais ce n’est pas tout. Ce deuxième remaniement a aussi été l’occasion de "zapper" de manière officielle Mohamed Ouzzine, l'ancien ministre des Sports. Ce dernier avait déposé sa démission quelque temps avant cette révision du gouvernement, au lendemain du scandale du stade Moulay Abdellah à Rabat, qui s’était transformé en une marre géante pendant la Coupe du monde des clubs, malgré une rénovation récente qui a coûté 220 millions de dirhams. Mohand Laenser, venu le remplacer par intérim, a pris officiellement son siège, ce qui l’a contraint à abandonner le ministère de l’Urbanisme. A la tête de ce dernier a été nommé Driss Meroun, également issu du Mouvement populaire. Dernier venu de ce remaniement, Khalid El Barjaoui du Mouvement populaire,nommé ministre délégué auprès du ministre de l’Education nationale et de la formation professionnelle.

Abdelâdim El Guerrouj figure aussi dans la liste des sortants. Nommé en 2012 au poste de ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la modernisation de l’administration, il est au cœur d’une polémique en février 2014, lorsque la presse révèle qu’il aurait commandé 33.735 dirhams de chocolat au frais de son ministère.

Remaniement I: L'Istiqlal claque la porte

Juillet 2013, coup de tonnerre au cœur de l’exécutif. Après deux mois d’atermoiements, l’Istiqlal claque la porte du gouvernement Benkirane. Le tonitruant secrétaire général du parti conservateur, Hamid Chabat, demande aux cinq ministres istiqlaliens et au président du Parlement, Karim Ghellab, de remettre leur démission.

La raison? "L’incapacité du chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, à prendre en considération la gravité de la situation économique et sociale", selon un communiqué du conseil national du parti de la balance.

C’est définitivement un coup dur pour le parti Justice et développement, qui a remporté un succès historique lors des législatives de novembre 2011. Privés de leurs alliés, les islamistes du PJD doivent tenter de former une nouvelle coalition pour éviter des élections anticipées. Le roi Mohammed VI, depuis la France où il était en voyage privé, exhorte le zaïm istiqlalien de temporiser.

Trois mois plus tard, après d’innombrables tractations avec le Rassemblement national des indépendants, Benkirane parvient à éviter des élections anticipées. La nouvelle équipe gouvernementale est officiellement rendue publique le 10 octobre 2013.

En tout, quatre ministres de l’Istiqlal ainsi que le président du Parlement, Karim Ghellab sont remplacés. Mais l’un s’accroche. L’ancien ministre istiqlalien de l’Éducation, Mohammed El-Ouafa, reste dans le gouvernement après avoir longtemps tenu tête à son parti. Il cède néanmoins son portefeuille à Rachid Belmokhtar et hérite du poste de ministre des Affaires générales et de la gouvernance. Saad Eddine Othmani, ministère PJD des Affaires étrangères est remplacé par Salaheddine Mezouar, le chef du RNI. Mohamed Hassad débarque à l’Intérieur en lieu et place de Mohand Laenser, alors que Mohamed Boussaid est nommé ministre de l’Économie et des Finances.

Autre changement, l’arrivée de Moulay Hafid Elalamy à l’Industrie, au commerce, à l’investissement et à l’économie numérique. Il remplace Abdelkader Amara, qui sera nommé ministre de l’Énergie. Le nouveau gouvernement comprend aussi six femmes, au lieu d’une seule dans l’ancienne équipe.

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