MAROC
21/09/2015 09h:14 CET | Actualisé 21/09/2015 10h:04 CET

Terrorisme, économie, énergies renouvelables... Ce qu'il faut retenir du discours de Hollande à Tanger

DIPLOMATIE - Un an après sa première visite au Maroc et moins de quatre mois après la fin de la brouille diplomatique entre le Maroc et la France, le président français François Hollande s’est rendu dans le royaume le samedi 19 septembre pour une visite officielle. "Cette visite prend un caractère nouveau, parce que nous avons ouvert avec sa majesté le roi une nouvelle étape de notre partenariat, notre amitié", a-t-il assuré lors d’un discours prononcé devant la communauté française à Tanger le lendemain de son arrivée au Maroc.

La brouille diplomatique est une histoire ancienne entre les deux pays. "Les difficultés sont non seulement surmontées, effacées mais surtout dépassées", a noté François Hollande dans son discours, qui s’est longuement attardé sur les échanges culturels entre les deux pays, mais a aussi évoqué les partenariats économiques, les efforts conjoints pour la lutte contre le terrorisme ainsi que la question du climat. Le président français n’a pas manqué de confier au public sa virée nocturne avec Mohammed VI le long de la corniche de la ville du détroit. "J’ai même eu ce plaisir de visiter Tanger, cette très belle ville, avec Sa Majesté le roi. Nous sommes partis en automobile sur la corniche. Je connais tout maintenant, même si je n’ai pas pu m’arrêter avec lui dans tous les établissements, mais c’était un vrai bonheur."

François Hollande a confié que cette "virée" s’est faite "presque sans sécurité". "J’ai vu aussi l’accueil que le roi recevait, le soutien de son peuple qui est très important", a-t-il confié vers la fin de son discours.

La langue française, un "avantage économique" pour le Maroc

Pour François Hollande, "rien ne serait possible entre la France et le Maroc, s’il n’y avait pas cette communauté française installée" au Maroc. Le président, qui a consacré la première moitié de son discours aux échanges culturels entre les deux pays, a rappelé que "c’est par une adhésion profonde et aussi par un sens aigu des intérêts du Maroc que sa majesté a voulu qu’il y ait cette présence française à travers sa langue, mais aussi l’utilisation de la langue française pour que l’économie marocaine en tire avantage". Evoquant les établissements de mission française, le président n’a pas manqué de souligner qu'ils enregistrent les meilleurs scores au baccalauréat.

François Hollande a également évoqué le "partage culturel" entre les deux pays, rappelant la recette tenue d'évènements organisés à l’Institut du monde arabe et au musée du Louvre en 2014. Le Maroc contemporain et le Maroc médiéval, deux expositions "au succès considérable" qui ont contribué à "la promotion de la création marocaine" en France. La première avait en effet attiré plus de 85.000 visiteurs à l’IMA, la seconde près de 150.000 au Louvre, en faisant l’exposition la plus visitée de l’histoire du musée le plus célèbre de France.

Les énergies renouvelables, un "atout pour la croissance"

François Hollande et Mohammed VI ont signé samedi 19 septembre l'"appel de Tanger" pour "la réussite" de la prochaine conférence climat (COP21) qui se tient à Paris entre le 30 novembre et le 11 décembre, et dont l'édition qui suit devrait d'ailleurs avoir lieu en 2016 à Marrakech. Le Maroc a en outre été le premier à déposer sa contribution à la conférence de Paris qui stipule que le royaume fera porter "les énergies renouvelables à 40% de son bilan énergétique". Une décision "considérable" selon Hollande.

Le président a aussi évoqué l’usine Renault de Tanger qui "respecte parfaitement l’environnement" et produira bientôt plus d’énergie qu’elle n’en consomme. En évoquant les secteurs automobile et aéronautique, François Hollande a noté que "ces deux filières n’avaient quasiment pas de place dans l’économie marocaine" et qu’il fallait une volonté publique, "celle du roi" et aussi "la capacité de nos entreprises (françaises, ndlr) pour assurer une formation professionnelle qui correspond aux besoins des Marocains".

Des imams français made in Morocco

Un accord a été signé samedi entre les deux chefs d’Etat en vue de "former des imams français au Maroc, pour que nous ayons cette garantie que ces imams recevront un enseignement de qualité" et "pourront faire la démonstration en France que l’islam est une religion de paix". Cinquante imams devraient ainsi être formés annuellement au Maroc afin de promouvoir l’islam "du juste milieu" en accord avec les valeurs "de la laïcité".

Des politiques et des people

Lors de la cocktail dinatoire qui a eu lieu le samedi 19 septembre en l’honneur de François Hollande au palais royal de Tanger, plusieurs hommes politiques mais aussi des acteurs culturels et des chefs d’entreprise ont été conviés. Parmi les invités, l’ex premier ministre marocain Abderrahmane El Yousfi, que l'on a pu voir discutant avec Mohammed VI et François Hollande, dans une photo diffusée sur les réseaux sociaux. L’Agence France presse (AFP) n’a pas manqué d’immortaliser l’acteur et producteur d’origine marocaine Jamel Debbouze, tout sourire en compagnie des deux chefs d’Etat. Au rang des convives, Tahar Benjelloun, l’islamologue Rachid Benzine mais aussi la créatrice marocaine Bouchra Jarrar. De nombreux ministres français ont aussi répondu présente, figurant parmi la délégation accompagnant François Hollande. Parmi eux, la nouvelle ministre du Travail, Myriam El Khomri ou encore Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education nationale, toutes deux d’origine marocaine.

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