MAROC
21/09/2015 10h:42 CET | Actualisé 21/09/2015 10h:42 CET

Alexis Tsipras reconduira son alliance avec les souverainistes de droite mais sans ses frondeurs

Alexis Tsipras devrait reconduire son alliance avec la droite populiste de Panos Kammenos.
AFP
Alexis Tsipras devrait reconduire son alliance avec la droite populiste de Panos Kammenos.

GRECE - La Grèce va-t-elle expérimenter le dicton "on prend les mêmes et on recommence"? En théorie oui puisqu'au sortir des élections législatives facilement remportée dimanche 20 septembre, Alexis Tsipras va conduire un deuxième gouvernement soutenu par les deux mêmes partis politiques que depuis janvier.

Cette nouvelle équipe, annoncée ce lundi, sera composée très majoritairement de personnalités issues de son parti Syriza, large vainqueur de ce scrutin. S'il perd environ 5 sièges, il reste de très loin le numéro 1 du Parlement avec 145 sièges sur 300. Insuffisant toutefois pour diriger seul et, comme depuis neuf mois, le premier ministre va devoir faire appel à un allié que le président du Parlement européen Martin Schulz juge toujours aussi "bizarre". Il s'agit des Grecs indépendants d'Anel, parti de la droite souverainiste qui, malgré des sondages annoncés mauvais, a obtenu une dizaine de sièges. Leur président, Panos Kammenos peut donc espérer rempiler au ministère de la Défense nationale.

Avec ces résultats, Alexis Tsipras n'a, encore une fois, pas besoin du soutien des autres partis favorables à l'accord signé avant l'été avec les créanciers: les centristes de To Potami ou les socialistes du Pasok qui ont pourtant la préférence des gouvernements sociaux-démocrates en Europe. Mais surtout le premier ministre grec a obtenu l'autre chose qu'il cherchait avec ce scrutin: purger sa majorité des personnalités hostiles à sa politique.

Le flop d'Unité populaire, les ex-frondeurs de Syriza

Réunis au sein d'Unité populaire, les anciens parlementaires de la gauche de Syriza qui ont suivi l'ex-ministre de l'Economie Yanis Varoufakis (qui ne se présentait à pas à cette élection) ont manqué leur pari. Dans le sillage du frondeur Panagiotis Lafazanis, ils avaient décidé de faire sécession, estimant qu'Alexis Tsipras avait trahi le peuple grec après le "non" au référendum qui avait tout de même conduit la Grèce à signer un accord encore plus difficile avec la troïka.

Mais avec tout juste 3% des suffrages, ces partisans d'une sortie de l'euro ont davantage effrayé les électeurs qu'ils ne les ont séduits. Résultat, ils n'ont pas remporté un seul siège au Parlement. Autrement dit, Alexis Tsipras est débarrassé (dans les instances officielles) de l'ex-présidente du Parlement Zoé Konstantopoulou, favorable à ce que la Grèce ne rembourse pas sa dette. Il n'a pas non plus à composer avec son ancien ministre de l'Energie Panagiotis Lafazanis qui réclamait un retour à la drachme.

Fin juillet, quand il annonçait pour septembre un congrès extraordinaire de Syriza afin de clarifier la ligne politique, Alexis Tsipras n'espérait sans doute pas qu'il arriverait avec une telle configuration. Conforté dans les urnes face à ses frondeurs, le chef du gouvernement a obtenu une plus grande légitimité encore et aura donc les coudées franches pour conduire son pays. Au moins sur les questions économiques, thème sur lequel il a le plus de points communs avec ses partenaires de droite.

Mais aussi important soient-ils, ces dossiers ne sont pas les seuls que le gouvernement Tsipras aura à gérer. Porte d'entrée sur l'Europe, la Grèce est en effet en première ligne sur la question des réfugiés. Et ces dernières semaines ont montré les difficultés d'Athènes à faire face à ce défi pendant que ses dirigeants négociaient matin et soir à Bruxelles en amputant certains budgets essentiels pour faire face à la crise dont celui de la Défense... de son allié Panos Kammenos.

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