MAROC
20/09/2015 10h:53 CET | Actualisé 21/09/2015 08h:58 CET

Le Maroc et la France resserrent les liens

DIPLOMATIE - C'est une "visite de travail et d'amitié" qui réaffirme la solidité de la relation entre le Maroc et la France, après une brouille diplomatique qui aura duré près d'un an.

"Je voulais que la France et le Maroc puissent entrer dans une nouvelle phase de partenariat", a d'emblée déclaré le chef d'État français, samedi, à sa descente d'avion à l'aéroport de Tanger.

Accompagné d'une importante délégation, François Hollande a été accueilli par le roi Mohammed VI.

hollande mohammed vi

Dans la ville de détroit, les deux chefs d'État ont visité les installations des rames flambant neuves du TGV marocain, livrées par Alstom, qui doit entrer en service en 2017-2018 pour relier à terme Tanger à Casablanca et dont l'exploitation fait l'objet d'un partenariat entre la SNCF et l'ONCF.

"La transition énergétique s'accélère au Maroc"

Ce dimanche, Mohammed VI et François Hollande ont posé la première pierre d'un Institut de formation aux métiers des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique (IFMEREE) et signé un "Appel de Tanger" pour "la réussite" de la prochaine conférence climat (COP21) qui se tient à Paris entre le 30 novembre et le 11 décembre.

"La transition énergétique s'accélère au Maroc", a tweeté dans la foulée Ségolène Royal, ministre de française l'Écologie, du développement durable et de l'énergie.

Une transition énergétique qui devrait passer à la vitesse supérieure en 2016, avec l'organisation de la COP22 à Marrakech. Pour le royaume, qui fait figure de bon élève dans ce domaine, l'objectif est de passer à 42% d'énergies renouvelables d'ici à 2020 et de réduire de 32% ses émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030 par rapport à 2010.

Table rase

Pour les deux pays, partenaires sur le plan aussi bien sécuritaire, politique qu'économique, la brouille diplomatique qui a duré près d'un an est bel est bien terminée. Le retour d'une proximité historique, lui, se confirme.

Signe de cette proximité, le roi du Maroc avait été le premier chef d'Etat étranger à être reçu par François Hollande à l'Elysée, en mai 2012, deux mois après son élection. Le président français a lui-même effectué une visite d'Etat au royaume en avril 2013 et reçu une nouvelle fois le souverain en février à Paris, dans la foulée d'un nouvel accord judiciaire avec le Maroc.

Certes, la France s'est fait ravir par l'Espagne la place de premier partenaire commercial du Maroc, mais reste le premier partenaire économique de Rabat grâce à l'importance de ses investissements, "une douzaine de milliards d'euros en stock", souligne un diplomate français.

Des imams français formés au Maroc

Sur le plan sécuritaire, la visite de Hollande a permis de resserrer les liens avec le royaume. Les deux pays, qui ont durci récemment leur arsenal législatif anti-terroriste, ont par ailleurs décidé d'unir leurs efforts pour la formation d'imams à l'Institut Mohammed VI, ouvert en mars à Rabat.

Une déclaration conjointe signée samedi stipule que cette formation devra promouvoir "un islam du juste milieu" conforme aux "valeurs d'ouverture et de tolérance" mais aussi "pleinement ancré dans les valeurs de la République et de la laïcité".

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