ALGÉRIE
18/09/2015 14h:22 CET | Actualisé 18/09/2015 14h:28 CET

La bataille du prix du lait cru : éleveurs et transformateurs vont négocier

vaches djurdjura

Vaches au Djurdjura Damien Boilley/flickr

Les éleveurs, producteurs de lait cru, et les transformateurs s’engagent ce dimanche dans des discussions parrainées par le ministère de l’agriculture pour trouver un accord sur le prix du lait cru.

Une commission mixte a été mise en place jeudi après plusieurs réunions organisées au cours des dernières semaines sous l’impulsion du ministre de l’agriculture Sid Ahmed Ferroukhi.

Son but immédiat est de trouver un "compromis" sur le prix du lait cru cédé aux transformateurs mais le ministère attend de ce groupe mixte des solutions plus durables.

Une source au ministère de l’agriculture l’a dit en forme d’avertissement sibyllin via APS: "Les professionnels doivent fédérer leurs efforts en vue de moderniser la filière à travers la valorisation des ressources en eau, la mise en valeur de terres (...). Tout le monde doit faire un effort et ne pas se concentrer uniquement sur le soutien de l'Etat".

Ce travail patient mené par le ministère de l’agriculture pour faire asseoir les deux parties à la table des négociations survient après des semaines de tension.

Sur les sentiers de la grève

Les éleveurs de bovins et producteurs de lait cru qui font souvent le reproche à l’Etat de subventionner davantage le lait importé que celui produit localement ont pris les sentiers de la contestation et de la grève

Réunis à Fréha, près de Tizi-Ouzou, les éleveurs et producteurs de laits crus de plusieurs wilayas ont décidé d'engager la bataille pour obtenir une augmentation du prix de lait cru.

Déjà insatisfait du niveau de la subvention qui leur est accordée, les producteurs de lait cru ont fait face à une augmentation sensible du prix des fourrages. Les éleveurs disent que le cout de revient du litre de lait est de 75 dinars alors qu’ils le vendent à 45 dinars.

Etranglés financièrement, certains éleveurs ont vendu leurs vaches laitières aux abattoirs, ce qui est une absurdité économique. Les éleveurs ont inventé un mode de protestation plus utile et plus populaire en choisissant de distribuer le lait gratuitement aux gens plutôt que de le livrer aux consommateurs. Mais dans certaines régions, le lait a été carrément déversé à même le sol.

Mesures d’urgence

La pression des éleveurs a connu un début de réponse fin aout avec l'annonce par le ministère de l'agriculture de "nouvelles mesures visant à sauvegarder les intérêts des éleveurs et à garantir un fonctionnement équitable de la filière lait".

Ce sont des mesures destinés à répondre à la situation d'urgence des éleveurs qui font face, selon le ministère " à des contraintes liées à l'accès aux aliments de bétail, aux lenteurs enregistrées dans le paiement des primes de soutien aux producteurs du lait cru ainsi qu'à la révision du prix de cession du lait cru auprès des laiteries..."

Le ministère de l'agriculture s'était engagé à garantir un fonctionnement "économique et équitable" de la filière lait pour assurer l'intégration de l'intégration de la production nationale et réduire les importations du lait. Demain, éleveurs et transformateurs entreront dans le vif du sujet : à quel prix sera cédé le litre de lait cru!

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