ALGÉRIE
17/09/2015 14h:44 CET | Actualisé 17/09/2015 15h:12 CET

Algérie-Union Européenne: Federica Mogherini annonce la révision prochaine de l'Accord d'association

APS

Federica Mogherini, Haute représentante de l'Union Européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité est depuis jeudi 17 septembre en visite de travail de deux jours en Algérie.

La vice-présidente de la Commission Européenne y rencontre le chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra, pour aborder "plusieurs dossiers sécuritaires et économiques", dont l'épineux Accord d'association.

Signé en 2002 et entré en vigueur en 2005, cet accord, tant hué par les dirigeants algériens, sera prochainement soumis à une révision par les deux parties, a-t-elle annoncé, ce jeudi, au cours d'une conférence de presse rapportée par l'APS.

"Le processus de révision de l'Accord d'association sera lancé dans les semaines prochaines", a indiqué Federica Mogherini, saisie à maintes reprises par l'Algérie pour ouvrir des discussions sur une évaluation "conjointe" et "objective" de sa mise en oeuvre.

"Il est temps que cet accord soit évalué, pour mieux l'adapter au contexte nouveau dans lequel évoluent les attentes des deux parties et leurs relations bilatérales", a affirmé, de son côté, Ramtane Lamamra.

Pour l'Algérie, cet accord, entré en vigueur en 2005, a été négocié à son détriment. Ramtane Lamamra affirmait lors de la 9e réunion du Conseil d'association Algérie-UE, tenue le 9 juin à Bruxelles, que "dans ce partenariat, l'Algérie a donné plus qu'elle n'a reçu". Les dirigeants politiques algériens ne manquaient pas non plus de rappeler que l'Union européenne "a failli à ses engagements envers l'Algérie", conformément à cet accord d'association.

"Dix ans se sont écoulés depuis la conclusion de cet accord, une évaluation s'impose", avait affirmé le ministre d'Etat et des Affaires étrangères. Nous pouvons faire des adaptations dans la mise en oeuvre de ce document de telle sorte que les intérêts de l’Algérie soient pris en charge".

Double peine

L'accord d'association, s'il a renforcé la position commerciale de l'UE, n'a pas eu l'effet escompté pour l'économie nationale, déplorait le gouvernement, notamment l'ex-ministre du Commerce, Amara Benyounes. "L'accord n'a pas eu l'effet escompté de promouvoir les exportations hors-hydrocarbures et d'attirer les investissements directs étrangers (IDE)", avait-t-il indiqué.

LIRE AUSSI: Amara Benyounes fait un constat négatif de l'accord d'association Algérie-UE

Durant les sept premiers mois de 2015, 15.67 des 30.560 milliards de dollars des importations globales de l'Algérie provenaient de l'UE, soit 50.62% selon les Douanes Algériennes.

L'autre "désillusion" de cet accord est le faible afflux des investisseurs européens vers l'Algérie. Seulement 316 projets d'une valeur de 7.7 mds d'euros ont été réalisés entre 2002 et 2014.

Outre l'accroissement du déficit commercial hors-hydrocarbures, l'Algérie n'a pas non plus bénéficié des engagements de l'UE en termes "d'expertise, de compétence et de transfert de connaissances".

Ce processus de révision annoncé par la responsable de l'UE doit aussi permettre aux deux parties de revoir "les barrières tarifaires et non tarifaires imposées aux produits algériens et la baisse des investissements européens en Algérie"".

La partie algérienne relèvera aussi la faiblesse de la dotation financière allouée à l’Algérie au titre de la programmation budgétaire 2014-2017 qui n’est pas à la mesure des objectifs ambitieux en termes d’appui à la gouvernance et à la diversification de l’économie.

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"Beaucoup reste à faire"

Dans un entretien accordé mercredi au quotidien francophone El Watan, Federica Mogherini affirme de son côté que cet accord "a incontestablement permis de développer et renforcer" les relations bilatérales algéro-européennes.

En réponse aux dirigeants algériens, qui qualifient de "déséquilibré" cet accord depuis son entrée en vigueur, la Haute représentante de l'Union Européenne a appelé à "mettre en place des réformes ambitieuses" pour bénéficier "pleinement" de ce partenariat.

"Pour bénéficier pleinement de l'Accord, il convient de mettre en place des réformes ambitieuses. Un exemple est celui de l'amélioration de l'environnement, sur lequel l'UE va démarrer un nouveau projet de coopération", a-t-elle déclaré.

"Demain, jeudi, nous allons [avec le chef de la diplomatie algérienne, nldr] travailler sur tous ces sujets", a souligné Mme Mogherini. La vice-présidente de la Commission Européenne a tenu à rappeler que "l'Algérie est un pays très important pour l'Europe".

Cette visite, qui intervient à l'invitation de M. Lamamra, est la première en Algérie pour Mme Mogherini depuis sa prise de fonction. Elle s'inscrit dans le cadre de "la poursuite et de l'approfondissement du dialogue sur l'état et les perspectives des relations entre l'Algérie et l'UE"

A l'occasion de cette visite, il sera procédé à la signature de trois conventions de financement dans le cadre de la coopération bilatérale dans les domaines d'appui à la justice et à la formation-emploi. Cependant, celle sur les médias ne sera pas signée, a précisé El Watan.

Cette convention a été rejetée par le ministère de la Communication, dont des cadres exprimaient "des réticences non fondées". La convention est estimée à 8.5 millions d'euros et destinée à la modernisation et la formation des médias publics et privés.

Federica Mogherini a aussi été reçue par le Président Abdelaziz Bouteflika et le Premier ministre Abdelmalek Sellal.

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