MAGHREB
16/09/2015 14h:03 CET

La Tunisie présente son plan d'action pour le climat à l'approche de la COP 21

PARIS, FRANCE - SEPTEMBER 10:  French Prime Minister, Manuel Valls speaks during the Conference prior the World Climate Summit at Elysee Palace on September 10, 2015 in Paris, France. The COP 21 will be held in Paris From Nov 30 to Dec 11, 2015 and will involve around 40,000 personnes with a representant of every countries to discuss climate changes. This will be the biggest Diplomatic event ever organised by France.  (Photo by Aurelien Meunier/Getty Images)
Aurelien Meunier via Getty Images
PARIS, FRANCE - SEPTEMBER 10: French Prime Minister, Manuel Valls speaks during the Conference prior the World Climate Summit at Elysee Palace on September 10, 2015 in Paris, France. The COP 21 will be held in Paris From Nov 30 to Dec 11, 2015 and will involve around 40,000 personnes with a representant of every countries to discuss climate changes. This will be the biggest Diplomatic event ever organised by France. (Photo by Aurelien Meunier/Getty Images)

La Tunisie a soumis son nouveau plan d’action en matière de climat dans l’optique de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) qui se déroulera à Paris en décembre prochain.

Cette contribution nationale est préalable à un nouvel accord climatique universel qui va être adopté par les gouvernements pendant la Conférence Climatique de l’ONU, plus connue sous le nom du COP 21.

Ce nouvel accord climatique international entrera en vigueur en 2020. Il obligera les pays à mettre tous les moyens en œuvre afin d’empêcher la température mondiale d’augmenter de plus de deux degrés Celsius tout en contribuant à un développement propre et durable.

Que dit le nouveau plan national tunisien en matière de climat?

Dans son plan national présenté par la Tunisie aux Nation-Unies, "la Tunisie se propose de réduire ses émissions de gaz à effet de serre dans tous les secteurs (énergie, procédés industriels, agriculture, forêt et autres utilisations des terres, et déchets) de manière à baisser son intensité carbone de 41% en 2030 par rapport à l’année de base 2010".

Selon le rapport présenté, l’intensité carbone est calculée comme étant le rapport entre le total des émissions de gaz à effet de serre (exprimées en tonnes-équivalent CO2) et le PIB à valeur constante 2005.

Pour ce faire, la Tunisie tablera spécialement sur le secteur de l’énergie où une baisse de 46% de son intensité carbone en 2030 par rapport à celle de l’année 2010 sera opérée.

Ce rapport met aussi en avant les besoins financiers afin d’atteindre ces objectifs d’atténuation:

"L’objectif d’atténuation nécessiterait la mobilisation d’un montant d’investissement total sur la période 2015-2030 de l’ordre de 17,5 milliards US$", peut-on lire à la page 6 du rapport.

Par ailleurs, la Tunisie aura besoin de 523 millions de dollars américains sur la période 2015-2030 afin de renforcer les capacités des acteurs publics mais aussi, afin de bénéficier de transfert technologique pour atteindre ces objectifs.

La Tunisie est prête à investir dans 10% de ses besoins totaux en matière d’atténuation, le reste sera sous forme d’un appui international sous diverses formes, dont le recours aux mécanismes du marché carbone.

Enfin, quant aux besoins de financement en matière d’adaptation aux changements climatiques, la Tunisie aurait besoin de 1,9 milliards US$ que la Tunisie sollicitera auprès de ses partenaires internationaux. Les besoins de financements en matière d’adaptation font référence aux prévisions alarmistes du ministère de l’Environnement pour l’horizon 2050.

Des prévisions alarmistes pour 2050

Si rien n’est fait à temps, le ministère de l’Environnement et du Développement Durable qui a établi ce rapport présenté aux Nations-Unies prévoit une hausse de 2,1% de la température sur l’ensemble du territoire tunisien d’ici 2050.

Quant aux précipitations, le ministère prévoit "une baisse du volume annuel des précipitations qui varie de 10% à 30% selon les régions, par rapport à la situation actuelle, à l’horizon 2050. Cette baisse s’accompagnerait d’une augmentation de la fréquence et de l’intensité des phénomènes extrêmes de sécheresse et d’inondation et de perturbation de la répartition saisonnière des précipitations".

Quant à l’élévation du niveau de la mer "à l’horizon 2050, il est prévu une augmentation moyenne du niveau de la mer de 30 à 50 cm, induisant un rythme annuel de retrait des plages de 20 à 135 cm, selon les littoraux et les régions", selon le ministère de l’Environnement.

Cela affectera la population tunisienne de différentes manières:

  • En matière de ressources en eau: La Tunisie est en situation de stress hydrique. Cela s’aggravera à l’horizon 2030 avec une baisse des ressources en eaux conventionnelles estimée à environ 28 %.

  • En matière de littoral: L’élévation du niveau de la mer entrainera la submersion de 16 000 hectares de terres agricoles, de 700 000 hectares de terres bâties, ainsi qu’une dégradation des infrastructures portuaires et littorale.

  • En matière d’agriculture: La sécheresse engendrera une perte de 30% des superficies exploitées passant de 1,5 millions d’hectares aujourd’hui à 1 million d’hectares en 2030 ce qui entrainera une baisse de 5 à 10% du PIB agricole.

  • En matière de santé: Le changement climatique entrainera la résurgence de certaines maladies vectorielles telles que le paludisme ainsi que des maladies hydriques dues à un changement de la qualité de l’eau.

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