MAGHREB
16/09/2015 09h:28 CET | Actualisé 16/09/2015 11h:55 CET

Tunisie: Mohsen Marzouk s'oppose au retrait du projet de loi de réconciliation mais... propose d'en changer le nom!

Tunisian Minister for Political Affairs Mohsen Marzouk, speaks at the Blair House in Washington, Wednesday, May 20, 2015, after he and Secretary of State John Kerry signed a Memorandum of Understanding . (AP Photo/Andrew Harnik)
ASSOCIATED PRESS
Tunisian Minister for Political Affairs Mohsen Marzouk, speaks at the Blair House in Washington, Wednesday, May 20, 2015, after he and Secretary of State John Kerry signed a Memorandum of Understanding . (AP Photo/Andrew Harnik)

POLITIQUE - Le secrétaire général de Nida Tounes, Mohsen Marzouk, semble revigoré par les divisions au sein de l'opposition ainsi que la faible mobilisation de la dernière manifestation "Manich Msemah" (Je ne pardonnerai pas) à Tunis qui avait drainé environ un millier de personnes le 12 septembre dernier, selon l'agence AFP.

"Nous n'allons pas retirer le projet de loi de réconciliation (...) Il doit y avoir un dialogue à propos de ce projet à l'Assemblée", a-t-il martelé mardi au micro de Mosaïque FM.

"Les gens qui ont dit qu'ils allaient mobiliser la rue et faire la deuxième révolution ont-ils réussi à mobiliser la rue et faire une deuxième révolution?", s'est-il interrogé à propos de la manifestation de samedi. "La manifestation a regroupé entre 800 et 1000 personnes. La logique du nombre est importante en politique", a-t-il ajouté.

Samedi, des partisans du Front populaire, une coalition de partis de gauche, des membres d'un mouvement citoyen créé après l'annonce du projet de loi et baptisé "Nous n'allons pas pardonner", ainsi que des membres de partis d'opposition tels qu'Ettakatol et le Courant démocratique ont manifesté contre ce projet de loi controversé.

Mardi, Ahmed Seddik, député du Front populaire, une coalition farouchement opposée à ce projet de loi, avait déclaré que son parti avait préparé un nouveau projet de loi sur la réconciliation qui serait présentée et étudiée, selon lui, par des experts avant d’être proposée pour examen à l’ARP.

Pour le secrétaire général de Nida Tounes, "tous ceux qui s'opposent à cette loi" doivent présenter des proposition qui respectent cinq "point fondamentaux":

  • Rendre l’argent au peuple
  • Payer une amende
  • Utiliser cet argent pour développer les zones marginalisées
  • Libération de l’administration
  • Amnistie des changes

"Pourquoi retirer cette loi alors qu’au sein de l’ARP, il y a les mécanismes nécessaires pour juger de l’efficience des lois qu’on décide d’adopter ou pas. Si le peuple a élu des représentants, c’est pour décider ", a-t-il ajouté.

Par ailleurs il a annoncé que même Nida Tounes proposait de changer l’appellation du projet de loi en "loi de 'concordat' et de développement des régions défavorisées", en vue de la rapprocher de son contenu et afin que ce soit mieux adapté au fond même du projet et de ses objectifs.

Présenté par le président Béji Caïd Essebsi en conseil des ministres mi-juillet, le projet de loi de "réconciliation économique et financière", prévoit l'amnistie de personnes poursuivies pour corruption en échange d'un remboursement et d'une pénalité financière. Il fait l'objet de vives critiques au sein de partis politiques et de la société civile.

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