MAGHREB
16/09/2015 11h:47 CET

Autorisation d'ouvrir le feu, répression renforcée contre les mineurs: A Jérusalem, Netanyahu déclare "la guerre aux lanceurs de pierre"

LONDON, UNITED KINGDOM - SEPTEMBER 10: Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu leaves after he met British Prime Minister David Cameron in Downing Street, London, England on September 10, 2015. (Photo by Tolga Akmen/Anadolu Agency/Getty Images)
Anadolu Agency via Getty Images
LONDON, UNITED KINGDOM - SEPTEMBER 10: Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu leaves after he met British Prime Minister David Cameron in Downing Street, London, England on September 10, 2015. (Photo by Tolga Akmen/Anadolu Agency/Getty Images)

Règles révisées pour ouvrir le feu, répression renforcée contre les mineurs: le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a "déclaré la guerre" aux lanceurs de pierres alors qu'un calme précaire est revenu mercredi sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem.

"Nous déclarons la guerre aux lanceurs de pierres et d'engins incendiaires", a lancé M. Netanyahu mercredi sur les lieux où un automobiliste israélien de 65 ans, Alexander Levlovitz, s'est tué en perdant le contrôle de son véhicule dans la nuit de dimanche à lundi, apparemment à la suite de jets de pierres.

Jérusalem, dont la partie orientale et palestinienne est occupée et annexée par Israël, est le théâtre depuis des mois à des violences entre Israéliens et Palestiniens.

Les trois jours d'affrontements que vient de connaître l'ultra-sensible esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est sont une exacerbation de ce climat de tensions. Ces heurts retiennent davantage l'attention que d'autres violences compte tenu du caractère explosif du lieu, vénéré par les musulmans et les juifs, et de l'enjeu religieux et international. Pour les Palestiniens, ce lieu est en effet une sorte de bastion ultime de leur identité.

Si les jets de pierres aux limites des quartiers israéliens et palestiniens sont une occurrence quasi-quotidienne à Jérusalem, les derniers mois ont aussi vu se succéder des attaques isolées au couteau ou à la voiture-bélier.

"Les pierres tuent"

M. Netanyahu souhaite un renforcement de l'arsenal répressif contre ceux qui lancent des cailloux, des engins incendiaires, des pétards ou des bombes artisanales sur des policiers et les civils.

Le gouvernement va ainsi se pencher sur de nouvelles règles commandant l'ouverture du feu par les membres des forces de sécurité. Il va examiner des peines minimales contre les lanceurs de pierres ou de cocktails Molotov, et de lourdes amendes contre les mineurs (que sont souvent les lanceurs de pierres) mais aussi leurs parents.

"Les pierres tuent et nous voulons qu'une personne arrêtée pour en avoir jeté soit considérée comme quelqu'un ayant en main une arme mortelle", a dit la ministre de la Justice Ayelet Shaked sur la radio militaire.

L'esplanade était redevenue relativement tranquille mercredi, à l'exception d'une échauffourée entre policiers israéliens et gardiens des lieux. La fin des festivités du Nouvel an juif mardi soir semble avoir ramené le calme sur le site et dans les ruelles de la Vieille ville adjacente.

Des groupes de juifs ont fait le tour de l'esplanade sous très haute protection et sous les invectives de quelques musulmans.

"Je suis venu prier sur les lieux du Temple", disait Dov Kin, un Américain vivant à Jérusalem, au début de la visite. Il est toutefois ressorti sans y avoir prié car c'est interdit aux juifs selon les règles qui régissent les lieux (le "statu quo"), qui restreignent en outre à quelques heures par jour les visites des touristes non-musulmans et des juifs.

Mais, a estimé M. Kin, "quiconque voudrait y prier devrait pouvoir le faire. Prier, ce n'est pas inciter à la violence".

Pour Elisha, 31 ans, les juifs finiront "inévitablement" par pouvoir prier sur l'esplanade.

"Guerre féroce et implacable"

Ces revendications de certains juifs au droit à prier sur ce qu'ils appellent le mont du Temple est un sujet de crispation continue pour les Palestiniens. Leurs craintes ont été avivées par l'affluence juive sur l'esplanade à l'occasion des fêtes du Nouvel an, de dimanche à mardi.

L'accalmie à Jérusalem semble fragile. Les juifs entrent mardi soir prochain dans les célébrations de Yom Kippour (le Grand Pardon). Cette fête et celle de Souccot (fête des cabanes), la semaine suivante, devraient à nouveau voir des juifs converger en nombre sur l'esplanade des Mosquées.

M. Netanyahu, à la tête d'un gouvernement de droite dont certains membres ont ouvertement défendu le droit des juifs à prier sur ce site, a réaffirmé n'avoir aucune intention de toucher au statu quo. Mais il a assuré "qu'on ne laissera pas les émeutiers empêcher les juifs de visiter le mont du Temple".

Le président palestinien Mahmoud Abbas l'a accusé mercredi de "mener une guerre féroce et implacable à Jérusalem".

Alors que le conflit israélo-palestinien ne semble offrir aucune perspective de résolution, l'une des figures récentes de la lutte palestinienne, Mohammed Allan, a été remis mercredi en détention sans inculpation après avoir obtenu en août la levée de ce régime d'emprisonnement controversé au prix d'une grève de la faim de 60 jours qui a failli lui coûter la vie.

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