MAROC
10/09/2015 14h:09 CET | Actualisé 15/09/2015 10h:53 CET

Transparence des finances publiques: Le Maroc stagne

Transparence des finances publiques: Le Maroc stagne
Transparence des finances publiques: Le Maroc stagne

ÉCONOMIE – En matière de transparence des finances publiques, le Maroc stagne. Selon la dernière enquête menée par Transparency Maroc en partenariat avec International Budget Partnership sur l’indice du budget ouvert (IBO) 2015, le royaume obtient un score de 38 sur 100, le même qu’en 2012.

L'IBO évalue la quantité et la pertinence des informations budgétaires mise à la disposition public. L'enquête s'est déroulée de mars 2014 à septembre 2015 et a impliqué 300 experts et 102 pays.

L’enquête porte sur trois piliers de la redevabilité budgétaire, indique Transparency dans un communiqué: la transparence des finances publiques, la participation des citoyens, et le pouvoir des institutions indépendantes de contrôle du budget de l’Etat.

Si, en moyenne, la transparence des budgets des pays s’améliore au niveau mondial, selon les résultats de l’IBO, le système budgétaire de 98 pays sur 102 n'est toujours pas considéré comme transparent. Autre fait préoccupant, les 78 pays qui fournissent des quantités insuffisantes d'informations budgétaires représentent 68% de la population mondiale, poursuit le communiqué.

Parmi ces "mauvais élèves", dix-sept fournissent à leurs citoyens très peu ou pas du tout d'informations budgétaires. Par ailleurs, 95 des 102 pays n'offrent pas à leur population suffisamment de possibilités de participation au processus budgétaire. Le Maroc, lui, offre "une information minimale" selon Transparency.

Avec un score de 38 sur 100, le royaume arrive à la 74ème place du classement et se maintient dans l’avant dernière catégorie, derrière la Jordanie et la Tunisie qui ont respectivement des scores de 55 et 42 sur 100. Le Maroc se situe néanmoins devant l'Algérie et l’Egypte, qui obtiennent respectivement 19 et 16 sur 100. Le Qatar et l’Arabie Saoudite arrivent derniers, avec un score nul.

L’enquête indique que dans le cas du Maroc, les trois piliers de la redevabilité budgétaire sont faibles. En plus du déficit dans l’accès à l’information, la participation du public au processus budgétaire est également très faible avec un score de seulement 2 sur 100 (27 dans le cas de la Jordanie, 21 dans le cas de la Tunisie). Globalement, le processus budgétaire au Maroc n’offre pratiquement pas d’opportunités de participation citoyenne, déplore l’ONG.

De même, le contrôle budgétaire est faible, aussi bien dans le cas du Parlement (21 sur 100) que dans celui de la Cour Supérieure des Comptes, avec un score de 17 sur 100. Selon l’organisation, ce manque de transparence affecte très fortement les résultats et les performances des politiques publiques.

Les recommandations de Transparency

Pourtant, "des progrès et des gains importants pourraient être réalisés à peu de frais si on décide de diffuser des documents existants ou d’en produire certains (le pré-budget, rapports revus de milieu et de fin de l’année) et d’améliorer l’exhaustivité du projet de loi de finances", indique Transparency.

"Les progrès sont possibles si on décide d’établir un mécanisme de participation, crédible et effectif d’écoute du public. Et sur le plan du contrôle budgétaire, il est nécessaire de s’assurer de l’accord préalable du Parlement avant la mise en œuvre des budgets additionnels (loi de finances rectificative…) et enfin de consolider les moyens et l’indépendance de la Cour supérieure des Comptes", recommande enfin l’ONG, qui conclut que la promotion de la transparence se résume finalement "à une question de volonté politique".

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