MAROC
17/09/2015 13h:48 CET | Actualisé 23/10/2016 12h:18 CET

Qui étaient ces réfugiés européens qui s'exilaient au Maroc dans les années 40? (VIDÉO)

HISTOIRE - Alors que la question d'accueillir les milliers de réfugiés syriens est au coeur d'un débat dans le vieux continent, des images de réfugiés européens accueillis en Afrique du nord dans les années 40 circulent depuis quelques jours sur le web.

Dans une vidéo déterrée des archives de l'INA publiée début septembre sur YouTube et vue près de 15.000 fois, on aperçoit des centaines de réfugiés français, anciens prisonniers dans les geôles allemandes et franquistes en Espagne, qui débarquent à Casablanca en 1943, accueillis par la Croix Rouge.

Ces prisonniers politiques ne sont pas les seuls à avoir trouvé refuge sur le sol marocain pendant la seconde guerre mondiale. Républicains espagnols, antifascistes, anciens de la Légion étrangère, mais aussi juifs qui fuyaient le régime nazi en Allemagne étaient contraints de s'exiler au Maroc, souvent dans l'espoir de s'envoler ensuite vers les Etats-Unis ou le Canada. C'est d'ailleurs à cette épisode historique que fait référence le film culte "Casablanca", réalisé par Michael Curtiz en 1942.

"Toutes proportions gardées, et sans faire de parallèle avec les flux de réfugiés syriens actuels en Europe, il est important de voir que ces phénomènes ne sont pas nouveaux et ne sont pas à sens unique", explique au HuffPost Maroc Jamaâ Baida, spécialiste d'histoire contemporaine et enseignant-chercheur à l'Université Mohammed V de Rabat. "Chaque guerre amène son flot de réfugiés, surtout lorsqu'un pays est ravagé et déstabilisé comme l'étaient les pays européens à l'époque", ajoute l'historien.

Leur sort n'était pourtant pas forcément rose de l'autre côté de la Méditerranée. "Des camps d’internement ont bel et bien existé sur le territoire marocain pendant la Seconde Guerre mondiale", indique M. Baida dans une étude réalisée à ce sujet. Près de 4.000 personnes ont ainsi vécu dans quatorze camps sur le territoire marocain, allant de simples camps de transit à des camps de travail forcé où "les juifs européens souffraient le martyre", explique M. Baida.

A noter que le royaume, qui était sous protectorat français, n'avait pas la main sur ces camps destinés aux étrangers. "Leur gestion était exclusivement du ressort de la résidence générale, qui recevait alors ses instructions de Vichy", rappelle l'historien.

Le sultan Sidi Mohammed Ben Youssef, futur Mohammed V, avait d'ailleurs tenu à protéger les juifs marocains des mesures raciales imposées par le régime de Vichy pendant cette période.

Galerie photoDu protectorat à l'indépendance Voyez les images

LIRE AUSSI: