MAGHREB
14/09/2015 12h:44 CET

L'ambassadeur US en Tunisie et un think tank amériain font pression pour que le Sénat américain augmente les aides pour la Tunisie

U.S. Consul General of Jerusalem Daniel Rubinstein gives a speech during a reception for the upcoming July 4  U.S. Independence Day celebrations at the American Consulate in Jerusalem, Wednesday, June 30, 2010. (AP Photo/Gali Tibbon, Pool)
ASSOCIATED PRESS
U.S. Consul General of Jerusalem Daniel Rubinstein gives a speech during a reception for the upcoming July 4 U.S. Independence Day celebrations at the American Consulate in Jerusalem, Wednesday, June 30, 2010. (AP Photo/Gali Tibbon, Pool)

Le think tank américain « Project On Middle East Democracy » (POMED) soutient la demande faite par la Chambre des Représentants américaine afin que la Tunisie perçoive 134,4 millions de dollars de la part des Etats Unis dans le cadre de leurs relations bilatérales pour l’année 2016.

Dans un rapport publié au début du mois de septembre et soumis au Sénat américain, la POMED exhorte celui-ci à revoir sa position sur les aides américaines pour la Tunisie, avant l'adoption du budget de l’Etat pour l’année 2016.

En effet, bien que la demande de la Chambre des représentants soit de 134,4 millions de dollars au profit de la Tunisie pour l’année 2016, la commission du Sénat Américain chargé des affaires étrangères, n’en a validé que 65% soit 86,9 millions de dollars seulement qui se répartissent comme suit :

- 45 millions de dollars pour un fonds de soutien économique

- 7 millions de dollars dans le cadre du programme de contrôle et de renforcement de la loi sur les produits narcotiques.

- 2,3 millions de dollars dans le cadre du programme d’éducation et d’entrainement militaire international.

- 30 millions de dollars dans le cadre du programme de financement militaire étranger.

Le budget prévu par la commission du Sénat, ne prévoit pas le budget qui sera consacré au programme de déminage, de non prolifération d’armes et de lutte antiterroriste.

Pour justifier sa position la commission met en avant l’absence de visibilité sur la question du Yémen qui pourrait engendrer des frais supplémentaires au détriment de la Tunisie.

Le soutien du nouvel ambassadeur US en Tunisie, Daniel Rubinstein

Dans ce cadre, le nouvel ambassadeur américain en Tunisie, Daniel Rubinstein, a été auditionné en juillet dernier par ladite commission sur les montant proposés par la Chambre des représentants pour la Tunisie.

"Mon sentiment est que les augmentations qui sont dans la demande de la chambre des représentants pour l’année 2016 sont terre à terre, et ils reflètent des besoins très importants. Et pas seulement au niveau sécuritaire, où il est clairement évident que la Tunisie est confrontée à de graves menaces avec ces deux grandes attaques (en référence aux attentats du Bardo et de Sousse), mais aussi au niveau des réformes économiques, de l’enracinement de la démocratie, de la bonne gouvernance et des droits de l’Hommes. Et si l’on ne considère pas ces deux domaines en parallèle, privilégiant seulement le volet sécuritaire, cela posera problème…

Donc je sens que nous avons fait des engagements rhétoriques. La Tunisie compte sur notre soutien ainsi que sur celui d’autres pays. Heureusement que nous avons d’autres pays qui nous aident. Bien sur, ils sont soutenus par le FMI et la Banque Mondiale, mais je pense qu’ils cherchent principalement l’aide des Etats-Unis pour répondre à ces besoins afin de rester dans le droit chemin. Je voudrais ajouter, qu’il faudra leur allouer cet espace budgétaire afin de mener les très difficiles réformes budgétaires, particulièrement la réforme des banques publiques, de l’investissement, de la fiscalité et de la douane, qui entraineront de vrais choix, avec des gagnants et des perdants, et il sera important pour nous de leur fournir cet espace budgétaire…" a affirmé Daniel Rubinstein, nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Tunisie devant la commission des affaires étrangères du Sénat.

En conclusion de son rapport, la POMED conclut que s’il ne répond pas favorablement et entièrement à cette demande d’aide, le Sénat enverrait un signal négatif aux pays du Moyen-Orient ayant entrepris des démarches dans le sens du progrès démocratique en leur démontrant qu’il ne s’agit pas d’une priorité pour les Etats-Unis d’Amérique.

Le vote sur le budget de l'Etat Américain pour l'année 2016 est prévu avant la fin de l'année 2015.

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