MAGHREB
13/09/2015 08h:56 CET | Actualisé 13/09/2015 10h:12 CET

Tunisie: Habib Essid annonce une possible levée de l'état d'urgence pour le 2 octobre

Facebook/Habib Essid

POLITIQUE - "L'état d'urgence prend fin le 2 octobre prochain. D'après les indices que nous avons, nous étudions la possibilité de lever l'état d'urgence": C'est ce qu'a annoncé dimanche le chef du gouvernement, Habib Essid, lors d'une conférence avec les gouverneurs, au siège de la direction générale de la Garde nationale à l’Aouina à Tunis.

Mesure exceptionnelle entrée en vigueur après la révolution entre 2011 à 2014, l'état d'urgence avait été décrété par le président Béji Caid Essebsi le 4 juillet 2015, huit jours après l'attentat sanglant de Sousse qui avait fait 38 morts.

"A circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles. (Mais) ce sera fait dans le respect de la loi, pour une durée déterminée", avait alors assuré Moez Sinaoui, le porte parole de la présidence.

Plus de deux mois plus tard, la fin de cette phase est prévue par Habib Essid pour le 2 octobre, "après l'amélioration de la situation sécuritaire":

"De grands succès ont été enregistrés sur tous les niveaux", a-t-il noté.

"Mesure liberticide"

L'état d'urgence avait suscité la suspicion de plusieurs partis politiques et organisations de la société civile qui redoutaient une mesure liberticide. Il accorde en effet des pouvoirs d'exception aux forces de l'ordre et peut les autoriser à interdire les grèves et les réunions "de nature à provoquer ou entretenir le désordre".

A partir de la fin aout, des manifestations contre le projet de loi de réconciliation économique et financière n'ont pas été autorisés par les autorités. Des manifestants ont été réprimés par les forces de l'ordre, notamment à l'Avenue Habib Bouguiba, artère tunisoise où la contestation bat son plein.

"Etat d'urgence ou pas, la rue nous appartient ", avait lancé un militant.

Samedi, en marge de la manifestation "Manich Msameh", Abdessatar Ben Moussa, président de la ligue tunisienne des Droits de l'Homme (LTDH), a annoncé que son organisation allait appeler le gouvernement à lever l'état d'urgence qui "ne peut plus se poursuivre":

"Cela ne peut pas être non plus un prétexte pour interdire les manifestations pacifiques, ce droit garanti par la constitution", a-t-il affirmé au JT de la télévision nationale.

Pour Habib Essid, "même si elle n'a pas été accepté par tous les partis politiques", l'objectif de cette mesure controversée était de "mieux contrôler le dossier du terrorisme".

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