ALGÉRIE
13/09/2015 13h:28 CET | Actualisé 13/09/2015 13h:39 CET

Un projet d'accord politique soumis aux rivaux libyens par l'ONU

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L'émissaire de l'ONU pour la Libye a annoncé dimanche qu'un consensus pour la formation d'un gouvernement d'unité nationale avait été trouvé lors de pourparlers au Maroc mais qu'il devait encore être entériné par les autorités rivales de ce pays déchiré par la guerre.

"Les deux jours qui viennent seront cruciaux pour savoir notamment si l'une des deux autorités libyennes, basée à Tripoli, confirme son accord", a déclaré Bernardino Leon lors d'une conférence de presse à Skhirat, la station balnéaire marocaine où se tiennent des pourparlers depuis jeudi.

"Après des heures de discussions, nous avons trouvé ce que nous considérons être un consensus sur les principaux éléments d'un accord politique pour mettre fin au conflit", a-t-il annoncé.

M. Leon a précisé que les négociateurs libyens s'étaient entendus sur huit des neuf points de divergence.

"Nous croyons que ce texte va recevoir le soutien total des parties au conflit, notamment des deux autorités qui se disputent actuellement le pouvoir", a-t-il ajouté.

Deux gouvernements rivaux s'opposent en Libye, pays déchiré par des violences depuis la chute en 2011 de l'ex-dictateur Mouammar Kadhafi: l'un, dominé par la coalition de milices -pour partie islamistes- Fajr Libya, siège à Tripoli et l'autre, qui est reconnu par la communauté internationale, est basé dans l'Est.

Un précédent accord de paix et de réconciliation proposé par l'ONU le 12 juillet avait été rejeté par les autorités de Tripoli.

Ces dernières qui ont décidé au dernier moment de participer aux nouvelles négociations vont soumettre cet accord à l'ensemble de leurs représentants en Libye, a précisé M. Leon.

Ils doivent revenir au Maroc dans un délai de 48 heures, mardi, avec une liste de candidats pour le prochain gouvernement d'unité nationale.

"Nous espérons ainsi que nous pourrons arriver à un consensus sur ce gouvernement dans les deux jours qui suivent", a ajouté M. Leon.

Il a pressé les autorités rivales basées dans l'Est, notamment le Parlement de Tobrouk qui avait soutenu le précédent accord de paix, d'accepter la nouvelle mouture.

"Il faudra encore beaucoup de travail mais nous pensons que nous pouvons arriver à un accord (politique) paraphé avant la date butoir du 20 septembre, avant l'Assemblée générale de l'ONU", a espéré l'émissaire de l'ONU.

Ces annonces ont été favorablement accueillies par l'Union européenne et l'Italie qui les ont considérées comme encourageantes.

"Ceci est encourageant", a jugé la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, qui a dit apporter tout le soutien de l'UE au travail de l'émissaire onusien. Dans son communiqué, elle appelle les protagonistes à boucler rapidement les pourparlers et à conclure un accord dans l'intérêt de tous les Libyens.

Le ministre italien des Affaires étrangères Paolo Gentiloni a aussi salué les progrès dans les pourparlers interlibyens, estimant que la semaine prochaine sera décisive pour parvenir à un accord de sortie de crise.

L'Italie craint le flux des migrants en provenance de Libye. L'île italienne de Lampedusa est en effet située à un peu plus de 300 kilomètres des côtes de la Libye, où des passeurs profitent du chaos qui règne dans le pays.

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