MAGHREB
12/09/2015 13h:18 CET

De Londres à Copenhague, des milliers d'européens réclament plus de compassion pour les réfugiés

People hold a banner 'refugees welcome' as they take part in a demonstration in solidarity with refugees seeking asylum in Europe after fleeing their home countries in Stockholm on September 12, 2015. AFP PHOTO/JONATHAN NACKSTRAND        (Photo credit should read JONATHAN NACKSTRAND/AFP/Getty Images)
JONATHAN NACKSTRAND via Getty Images
People hold a banner 'refugees welcome' as they take part in a demonstration in solidarity with refugees seeking asylum in Europe after fleeing their home countries in Stockholm on September 12, 2015. AFP PHOTO/JONATHAN NACKSTRAND (Photo credit should read JONATHAN NACKSTRAND/AFP/Getty Images)

De Londres à Copenhague, des dizaines de milliers d'Européens sont descendus samedi dans la rue pour réclamer plus de générosité à l'égard des réfugiés qui affluent dans l'UE, tandis que des pays comme la Hongrie réclament une action résolue pour endiguer les départs de Syrie.

A Londres, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté pour réclamer au gouvernement conservateur de David Cameron une politique d'accueil plus généreuse pour les réfugiés qui cherchent asile en Europe en traversant la Méditerranée, les Balkans et l'Europe centrale.

Le "premier geste" du tout nouveau leader du parti travailliste Jeremy Corbyn, élu dans la matinée, a été de se joindre à la manifestation, au son des tambours, après avoir appelé le gouvernement à plus de "compassion".

Sous la pression, M. Cameron a pourtant récemment annoncé l'accueil de 20.000 réfugiés syriens supplémentaires sur cinq ans. Mais pour Dusan Petkovic, un des manifestants londoniens interrogé par l'AFP, ce chiffre est "pathétique".

Au Danemark, 30.000 personnes ont défilé à Copenhague, et quelques centaines dans d'autres villes d'un pays qui s'est engagé dans un durcissement de sa législation sur l'immigration. Cette semaine, le pays a momentanément bloqué son trafic ferroviaire pour empêcher le passage des migrants.

En France, le gouvernement, qui s’est engagé à accueillir 24.000 réfugiés d'ici l'an prochain, a annoncé la création de nouvelles places d’hébergement, dont le nombre exact sera dévoilé mercredi par le Premier ministre Manuel Valls.

L'intégration par les langues

Paris a aussi annoncé un renforcement de la "contribution" française aux organismes des Nations unies qui s'occupent des millions de réfugiés dans les pays voisins de la Syrie.

En Allemagne, devenue championne de l'accueil des réfugiés avec 450.000 nouveaux entrants enregistrés depuis le début de l'année, une manifestation à la bougie était attendue en soirée à Berlin.

Sur la seule journée de samedi "au moins 10.000" réfugiés étaient attendus à la gare de Munich, selon les autorités régionales.

La chancelière Angela Merkel a appelé en particulier les femmes réfugiées à apprendre l'allemand et à ne pas rester isolées dans leur communauté d'origine pour favoriser leur intégration.

A l'avant-veille d'un conseil extraordinaire des ministres de l'Intérieur de l'UE sur la crise migratoire, qui tentera de résorber les divisions béantes entre les pays de l'Union, Mme Merkel a aussi appelé la Grèce à mieux protéger les frontières extérieures de l'Union européenne et réclamé un dialogue avec la Turquie par où transitent nombre de migrants.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, chef de file de la ligne dure contre les migrants, s'est prononcé en faveur d'un plan d'aide européen de 3 milliards d'euros aux pays voisins de la Syrie, Turquie, Liban, Jordanie, qui hébergent à eux seuls quatre millions de réfugiés, pour tenter de résoudre la crise.

La Hongrie, qui a recensé plus de 180.000 migrants passant ses frontières, espère bloquer le passage des réfugiés dès le 15 septembre, grâce à une double clôture de fils de fer barbelés à la frontière serbe.

Cynisme

"S'il faut plus d'argent nous augmenterons l'aide, jusqu'à ce que le flux de réfugiés se tarisse" a dit M. Orban au quotidien allemand Bild. Selon lui, "les migrants ne viennent pas de zones de guerre, mais de camps situés dans les pays frontaliers où ils étaient "en sécurité".

Ses propos ont été rejetés comme "extrêmement cyniques" par une responsable gouvernementale allemand, Aydan Özoguz.

Le chancelier autrichien Werner Faymann a lui aussi vivement tancé M. Orban, estimant que le traitement réservé par la Hongrie aux réfugiés qui transitent sur son sol s'assimile à la période nazie.

"Entasser les réfugiés dans des trains dans l'espoir qu'ils aillent très loin, réveille le souvenir de la période la plus sombre de notre continent" a-t-il dit dans Der Spiegel. Viktor Orban mène "une politique de dissuasion", a-t-il estimé.

Aux points de passage des frontières, comme à la frontière serbo-hongroise, les flux ont grossi depuis l'annonce par Berlin, le mois dernier, d'un assouplissement de ses conditions d'accueil pour les Syriens.

En Grèce, cinq migrants ont été portés disparus samedi après le naufrage de leur bateau au large de l'île de Samos, proche des côtes turques, alors que la situation se "normalise" sur l'île de Lesbos où quelque 22.500 réfugiés et migrants ont été évacués.

Plus de 430.000 migrants et réfugiés ont traversé la Méditerranée depuis janvier, et près de 2.748 y ont péri ou disparu, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). La moitié de ceux qui sont arrivés sont des Syriens fuyant les bombardements du régime et les exactions de l'Etat islamique, dans un pays où plus de la moitié de la population a quitté son foyer depuis le début du conflit en 2011.

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