ALGÉRIE
11/09/2015 13h:55 CET | Actualisé 11/09/2015 17h:00 CET

Le réalisateur Malek Bensmaïl a animé une Master classe sur son travail documentaire aux Rencontres cinématographiques (VIDÉOS)

RCBéjaïa 2015

Le lendemain de la projection de son dernier documentaire “Contre-pouvoirs” à Béjaïa, jeudi 10 septembre, le réalisateur algérien Malek Bensmaïl a animé une master classe pour le public des 13e Rencontres cinématographiques qui se tiennent du 5 au 11 septembre au théâtre régional et à la Cinémathèque de Béjaïa.

L’occasion pour les participant(e)s de découvrir l’œuvre de ce réalisateur né en 1966 à Constantine et de parler de cinéma au cours d’un débat de haute facture, riche en éclairages cinématographiques.

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Avec une quinzaine de films à son actif entre 1990 et 2014, Malek Bensmaïl s’impose comme un réalisateur important et incontournable du cinéma documentaire algérien contemporain.

Formé à l'Ecole supérieure d'études cinématographiques de Paris mais surtout en Russie lors d’un stage déterminant effectué dans les studios de Lenfilm à Saint-Saint-Pétersbourg au milieu des années 90, il s’empare immédiatement du documentaire pour dépeindre l’Algérie contemporaine.

"Territoires" réalisé en 1997 marque un premier tournant dans la carrière de Malek Bensmaïl . A travers les grandes dates de l’histoire de l’Algérie, ce documentaire de création de 28 minutes explore et questionne les espaces d’appartenance politique, religieuse et sociale en mêlant images d’archives, images actuelles et images fiction.

"Ce film qui part un peu dans tous les sens contient tous les thèmes que je développerai ensuite de manière plus approfondie dans mes futurs documentaires", a expliqué Malek Bensmaïl au cours de la master classe. "On y retrouve l’Histoire, la religion, la vitesse, la violence, etc."

Comprendre

Considérant le documentaire comme un "baromètre de la démocratie", Malek Bensmaïl ausculte la société algérienne à travers ses institutions, lieux de collectivité. Dans "Aliénations", réalisé en 2004, il plonge ainsi sa caméra au cœur de l’hôpital psychiatrique de Constantine fondé par son défunt père psychiatre. "Nous avons tous des névroses", souligne le réalisateur, "le tout est de les identifier et de les soigner".

Le film démarre sur un travelling qui part des hauteurs de Constantine, dans les grottes où se déroule le rituel païen de la Nechra qui est l’essence de la ville, descend vers une maison abritant une danse de transe et poursuit sa descente vers l’hôpital psychiatrique où a lieu une consultation.

Cette ouverture par un travelling se retrouve dans tous les films du réalisateur. "Le mouvement du travelling me permet d’être clair avec le spectateur en lui montrant que je ne suis pas du milieu que je filme, j’y suis entré par l’intermédiaire d’un de mes personnages", commente Malek Bensmaïl.

master class bensmail

C’est ainsi que la "Chine est encore loin" (2008) - tourné dans les Aurès, près du village Ghassira considéré comme le "berceau de la Révolution" où fut tué le 1er novembre 1954, un couple d’instituteurs français - s’ouvre sur un long travelling filmé depuis la voiture.

“Ce long plan séquence de dix minutes fixe le cadre du film”, explique Malek Bensmaïl, “il permet de documenter le village et introduit les principaux personnages du film à savoir l’instituteur et ses élèves”.

Très attaché à l’Histoire qui sous-tend tous ses documentaires, Malek Bensmaïl estime que beaucoup de rouages et mécaniques historiques restent à résoudre pour panser les “névroses” qui nous habitent. Le cinéma algérien a donc encore du travail.

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