MAGHREB
10/09/2015 13h:59 CET | Actualisé 10/09/2015 16h:39 CET

Tunisie: Débat houleux à l'Assemblée autour de l'audition de Najem Gharsalli, le huis clos écarté

POLITIQUE - La très attendue séance d'audition du ministre de l'Intérieur, Najem Gharsalli, par la commission des droits et des libertés à l'Assemblée, ce jeudi, sera finalement publique. Cette audition porte notamment sur la répression policière contre des mouvements hostiles au projet de loi de réconciliation nationale.

Mais en fin de matinée, la séance a été levée à cause d'un différend sur la nécessité de tenir l'audience à huis clos et une altercation verbale a éclaté entre plusieurs députés dont certains revendiquaient qu'elle soit "ouverte" pour interroger le ministre "devant le peuple tunisien".

"L'idée de base était de tenir une séance plénière pour questionner le Ministre de l'intérieur. D'une séance plénière on s'est mit d'accord pour une réunion de commission", avait signalé le député Front populaire, Monji Rahoui, au cours de la séance, selon l'oganisation Al Bawsala.

Avant de lever la séance, la députée Nida Tounes, Bochra Belhaj Hmida, avait invité "les membres de la commission à voter le huis clos, en vue des informations sensibles que Monsieur le ministre s'apprête à partager avec nous", rapporte Al Bawsala.

Un groupe de députés dont fait partie Monji Rahoui et Ahmed Seddik (Front populaire) ont alors exigé à travers des échanges houleux avec des députés de Nida Tounes, la tenue d'une séance "ouverte au public".

"C'est un sujet politique. Le peuple tunisien a le droit de savoir ce qu'il se passe et de savoir qu'on a toujours le droit de manifester", a dit Monji Rahoui au président de l'Assemblée, Mohamed Ennaceur.

Le député a également rejeté les accusations de ses collègues de vouloir instaurer le chaos, accusant à son tour le président de la République Béji Caïd Essebsi d'être à l'origine de "ce chaos" en ayant proposé le projet de loi controversé. "C'est ton président Béji Caïd Essebsi, c'est le peuple qui l'a élu", a rétorqué un élu de la majorité (voir vidéo ci-dessus).

Après quelques heures, la réunion a finalement repris: "Nous n'avions pas le quorum nécessaire pour voter le huis clos, cette réunion sera donc ouverte", a déclaré Bochra Belhaj Hmida.

Qu'a dit Najem Gharsalli?

Durant la séance de la matinée, le ministre de l'Intérieur avait avoué "que des dépassements et une atteinte aux libertés, à la constitution et à la démocratie ont eu lieu", durant ces évènements. "Mais ces faits n'expriment pas et ne pourront jamais exprimer la volonté du Gouvernement et du pouvoir", rapporte Al Bawsala.

A propos des nouvelles manifestations "Manich Msemah", contre le projet de loi sur la réconciliation économique prévues samedi 12 septembre à l'Avenue Habib Bouguiba, Najem Gharsalli a affirmé qu'il "était difficile d'assurer la sécurité de tout l'espace occupé par la manifestation contre de potentielles attaques terroristes", toujours selon le compte rendu d'Al Bawsala sur Twitter.

Des manifestations contre le projet de loi de réconciliation ont été organisées dans plusieurs villes tunisiennes depuis la fin du mois d'août. Plusieurs partis politiques et associations de la société civile tunisienne ont appelé à une manifestation ce samedi à Tunis. Mais son déroulement est encore incertain après l'annonce de la présidence du gouvernement jeudi qu'aucune manifestation ne sera autorisée pour des raisons sécuritaires.

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