MAROC
08/09/2015 08h:12 CET

Le gouvernement Benkirane face à un troisième remaniement?

Le gouvernement Benkirane face à un troisième remaniement?
MAP
Le gouvernement Benkirane face à un troisième remaniement?

ÉLECTIONS - Au lendemain de l’annonce des résultats définitifs des élections aux communales et régionales, la question d’un troisième remaniement ministériel du gouvernement Benkirane est sur toutes les lèvres. Un remaniement qui ferait suite à celui de juillet 2013 consécutif au retrait de l’Istiqlal du gouvernement et celui de mai 2015, résultant de la démission de trois ministres et au décès du ministre d'État Abdellah Baha.

Le contexte est aujourd’hui différent. L’élément déclencheur pourrait être l’incompatibilité sur le plan législatif entre la fonction de ministre et celle de président de région. Car si du point de vue de la loi, "il est toujours permis au président de commune d’être ministre, les textes électoraux interdisent désormais le cumul du mandat de président d’une région avec la fonction de ministre", explique Slimane El Amrani, l'actuel adjoint de Abdelilah Benkirane au secrétariat général du Parti justice et développement (PJD), joint par le HuffPost Maroc.

Daoudi promet de partir si...

Il faut dire que son parti, qui a aligné pas moins de 5 ministres aux communales et régionales, pourrait bien être concerné par la question des cumuls des mandats. Si la question ne se pose pas pour les ministres Aziz Rabbah, Abdelaziz Omari et Driss Azami, qui se présentent respectivement à la présidence des Conseils communaux de Kénitra, Casablanca et Fès, ni pour Bassima Hakkaoui, qui a perdu les communales à Fkih Bensalah, ce n’est pas le cas du ministre de l’Enseignement supérieur, Lahcen Daoudi.

Ce dernier, tête de liste du PJD dans la région de Béni Mellal-Khénifra, est arrivé deuxième, ce qui en théorie lui permet de se porter candidat à la présidence de la région. Le fera-t-il? "Ce sera ou moi ou un candidat du Mouvement populaire. La question sera tranchée aujourd’hui", nous confie l’intéressé, qui assure qu’il quittera son poste de ministre "dans l’éventualité d’une nomination à la tête de la région".

Mais selon la loi des alliances et des tractations, si le PJD choisit de laisser le fauteuil au Mouvement populaire (MP), il cèdera la place à Mohamed Moubdie, ministre chargé des petites entreprises et de l’intégration du secteur informel, premier dans la région de région de Béni Mellal-Khénifra, bastion du parti haraki. Ce qui ne ferait que déplacer le problème du cumul de mandats.

Réponse dans quelques jours

Moubdie n'est pas le seul à être dans cette configuration. Le Secrétaire général de sont parti et actuel ministre de la Jeunesse et des sports, Mohand Laenser, devrait présenter sa candidature à la présidence de la Région de Fès-Meknès, nous confie une source au sein du bureau exécutif du MP.

La ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères et de la coopération, Mbarka Bouaida, a pour sa part décroché la deuxième place derrière l’USFP dans la région de Guelmim sous les couleurs du Rassemblement national des indépendants. Sera-t-elle candidate à la présidence de la région? Contactée par le HuffPost Maroc, la ministre n’a pas souhaité s'exprimer sur la question.

Pour l’heure, aucune candidature n’a été officialisée, mais ce n'est qu'une question de jours: la liste définitive des candidats aux présidences des régions sera en principe communiquée mercredi 9 septembre. Les futurs présidents seront quant à eux dévoilés le 19 septembre, date de leur élection au suffrage indirect.

Si plusieurs observateurs de la scène politique saluent l’interdiction désormais effective du cumul du mandat de président de région avec la fonction de ministre, beaucoup regrettent que cela n’ait pas été étendu à la présidence des Conseils communaux. C’est notamment le cas de Youssef Belal.

Contacté par le HuffPost Maroc, le professeur de sociologie politique et de relations internationales estime que même si les textes électoraux ne l’interdisent pas, "le bon sens politique impose au chef du gouvernement de trancher et aux ministres concernés de se concentrer sur une tâche, car gérer une ville est une mission extrêmement lourde, et cela ne s’aurait ne faire par quelqu’un qui occupe déjà un poste de ministre".

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