MAGHREB
07/09/2015 07h:08 CET | Actualisé 20/02/2016 08h:58 CET

Tunisie: Prévention contre les maladies sexuellement transmissibles... Une association explique les obstacles qu'elle rencontre

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Maladies sexuellement transmissibles (MST), troubles sexuels (éjaculation précoce, infertilité...), violences sexuelles... sont de plus en plus récurrents. Pour les maladies sexuellement transmissibles, 260 nouveaux cas de MST ont été détectés en 2014 (jusqu’au 31 octobre) dont 62 cas de Sida et 17 décès dus aux MST, ce sont les chiffres annoncés par la coordinatrice du programme national de lutte contre le sida et les maladies sexuellement transmissibles (MST), Hayet Hamdouni.

Ces maladies existent partout dans le monde mais quand des facteurs sociaux, économiques et religieux ralentissent la prévention, la lutte contre ce fléau devient particulièrement difficile.

L'association Tunisienne de lutte contre les maladies sexuellement transmissibles et le sida (ATL MST/Sida) travaille sur ces sujets. Issam Gritli, chargé de programme au sein de l'association explique au HuffPost Tunisie les difficultés qu'ils ont rencontrées.

D'après votre expérience, quel est le profil de la population la plus touchée?

Il y a d'abord les prostituées clandestines. Ne travaillant pas dans des maisons closes, elles ne bénéficient pas du contrôle médical fourni par les services municipaux. Ces filles voient leurs clients, souvent des étrangers, dans des appartements privés.

La prostitution touche aussi les hommes, des jeunes garçons qui s'offrent à d'autres hommes pour de l'argent. Ces jeunes ont souvent des difficultés financières.

Les couples mariés n'échappent pas non plus aux risques. Beaucoup, des hommes pour la plupart, viennent nous voir après avoir eu des relations extra-conjugales non protégées.

Quels sont les obstacles que vous rencontrez le plus souvent?

La désinformation sur ce qu'est un rapport sexuel est la chose la plus fréquente. Les jeunes ne savent pas de quoi il s'agit, encore moins comment se protéger des MST, alors qu'on accueille des adolescents de 14 ans touchés par les maladies sexuelles. Le flux d'information important via internet n'aboutit pas vraiment à une réelle connaissance de la sexualité.

Les facteurs socio-culturels n'aident pas non plus. Prenons l'exemple du préservatif, les jeunes sont réticents à l'utiliser, avançant souvent le manque de confort dans l'acte sexuel. Et ça c'est quand ils parviennent à en acheter car ce n'est pas évident en Tunisie. La timidité, la peur du regard des autres en sont les causes. Le prix élevé de certaines marques de préservatifs, jugées de bonne qualité, constitue également un obstacle à la prévention car il faut compter 5 dinars pour un paquet de préservatifs de ce type, ce n'est pas à la portée de tout le monde.

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