MAGHREB
07/09/2015 13h:44 CET | Actualisé 07/09/2015 14h:16 CET

Tunisie: Un an après la disparition de Chourabi et Ktari: Retour sur une affaire pleine de rebondissements

AFP

Il y a tout juste un an, les journalistes Sofiène Chourabi et Nadhir Ktari disparaissaient en Libye. Ce triste anniversaire a été ponctué par plusieurs rebondissements: Annoncés comme morts par les autorités libyennes en avril dernier, ils sont aujourd'hui déclarés "vivants" par le ministère des Affaires étrangères tunisien.

Le 8 septembre 2014, Sofiène Chourabi, blogueur et journaliste, accompagné de Nadir Ktari, photographe, ont été arrêtés par un groupe armé, dans la région d'Ajdabiya (Est de la Libye), alors qu'ils travaillaient sans autorisation pour la chaine tunisienne First TV.

A partir de cette date, les autorités tunisiennes et leurs familles perdent leurs traces. Alors que la Libye était déchirée par les affrontements armés, des manifestations de soutien sont régulièrement organisées par la société civile tunisienne, en faveur de leur libération.

C'est le 8 janvier 2015 que tombe une information éprouvante: La branche libyenne de l'organisation Etat islamique (EI) a affirmé avoir exécuté les deux journalistes dans un communiqué publié sur des forums jihadistes. Le groupe a dit avoir "appliqué la loi d'Allah" à leur encontre. Ce qui était considéré jusqu'alors comme une prise d'otage, prend la tournure sanglante d'une exécution de sang froid par un groupe jihadiste.

En état de choc, des journalistes, des artistes et des proches des deux otages se réunissent le jour même, dans les locaux du syndicat des journalistes à Tunis, afin de vérifier l'information. Mais l'authenticité des images n'a jamais pu être confirmée et une l'incertitude sur le sort des deux hommes perdure.

"Les informations ne sont pas claires", avouait le chef du gouvernement Habib Essid, lors d'une conférence de presse.

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Environ quatre mois plus tard, de nouvelles informations viennent alimenter la thèse de leur mort: Le gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale annonce que des détenus ont admis leur responsabilité dans le meurtre de cinq journalistes d'une équipe de télévision locale et de...Sofiène Chourabi et Nadhir Ktari.

Sous la pression de la société civile et des parents des journalistes, le ministère public envoie un juge d'instruction en Libye pour enquêter. Mais là aussi, aucun indice concret n'a été trouvé.

Sami Ktari, le père de Nadhir Ktari, pointe du doigt "le laxisme" des gouvernements successifs de Mehdi Jomâa et de Habib Essid, dans le traitement de cette disparition.

Et c'est en août 2015 qu'un autre rebondissement se produit. A la fois Sami Ktari et le ministre des Affaires étrangères, Taieb Baccouche, évoquent pour la première fois la possibilité que les deux journalistes soient toujours en vie.

"Nous avons eu des communications intensives et nous avons de nouvelles informations (...) qui nous donnent de l'espoir sur le fait qu'ils soient en vie et puissent revenir au pays", avait affirmé Taieb Baccouche appelant à la "discrétion" sur les détails de la disparition.

L'hypothèse devient une certitude pour le gouvernement, lundi 7 septembre, soit un an après leur dipsarition. Taieb Baccouche révèle que les deux journalistes seraient bel et bien en vie:

"Nous sommes arrivés à quelque chose. C'est qu'ils sont vivants. Pour moi c'est un grand acquis", a-t-il dit sur Express FM. "Il y a des preuves tangibles. Nous sommes en train d'essayer de les ramener en Tunisie", a-t-il ajouté.

Seul bémol: le ministre des Affaires étrangères signale qu'il y a encore des "complications" dans cette opération, sans vouloir donner plus de précisions, ce qui laisse penser que l'affaire n'en est encore pas à son dénouement.

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