ALGÉRIE
07/09/2015 04h:42 CET | Actualisé 07/09/2015 04h:52 CET

Benkhalfa compte sur l'argent de l'informel pour éviter une situation de "vulnérabilité" en 2016

ministères des finances

Le ministère des finances à Alger

Alors que l'opération visant à attirer l'argent de la sphère informelle dans les circuits officiels ne donne pas encore des signes évidents de succès, le ministre des finances, Abderrahmane Benkhalfa a souligné qu'il ne s'agissait pas d'une "démarche conjoncturelle" mais d'une action qui "s'inscrit dans la durée".

Le ministre répondait, dans une déclaration à l'agence APS, à ceux qui prédisent que l'Algérie va être contrainte à court terme à recourir à l'endettement extérieur.

"L'Algérie n'a pas besoin de l'endettement extérieur, elle a besoin de l'argent des Algériens, de ses ressources internes qu'elle veut intégrer dans le circuit bancaire et ce n'est pas une opération conjoncturelle mais une démarche qui s'inscrit dans la durée", a-t-il déclaré

Pour Benkhalfa, le moment de faire le "bilan" de l'opération d'intégration de l'argent de la sphère informelle dans l'économie officielle est loin d'être venu, l'action est toujours en cours pour mobiliser les " ressources de la Nation avec toutes les garanties juridiques et techniques". Ces ressources, a-t-il ajouté, ne sont pas mobilisées pour être stockées mais "pour être utilisées dans la croissance économique".

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Des ressources qui "nous mettent à l'abri d'autres décisions non souhaitées", a-t-il poursuivi dans une allusion claire à l'endettement extérieur qui a marqué les mémoires avec la crise du milieu des années 80 qui a débouché en 1994 à la mise en œuvre d'un plan d'ajustement structurel sous la supervision du FMI.

Risque de vulnérabilité en 2016

Le ministre souligne par ailleurs que le pays n'est pas dans une situation "mal aisance financière", ce qui permettrait de mener l'opération d'intégration de l'argent "gris" sans pression immédiate.

benkhalfa

Avec une fiscalité pétrolière encore très soutenable et une fiscalité ordinaire qui devrait atteindre 2.700 milliards de Da en 2016, selon lui, l'Algérie "n'est pas en position de mal aisance financière, et ne compte pas sur la taxe de 7% pour avoir des ressources mais veut juste impliquer le milieu des affaires dans le développement".

Le ministre a par ailleurs souligné qu'une augmentation de l'assiette fiscale du fait de la bancarisation de l'argent de l'informel pourrait amener l'Etat à faire baisser les impôts au profit de l'investissement.

Des experts financiers estiment que la volonté du gouvernement d’intégrer l’argent de la sphère informel est méritoire mais elle se heurte surtout à un problème de manque de confiance particulièrement "enraciné" dans les mentalités des acteurs économiques.

"Il faudra du temps pour rétablir la confiance" estime un expert qui se demande si l’économie algérienne aura le "temps d’attendre ce changement de mentalité" qui pousserait l’argent du secteur informel à sortir de l’ombre.

Le ministre lui-même admet implicitement qu'il existe un problème de temps. Il a espéré une mobilisation de l’argent liquide gris estimé entre 1000 et 1300 milliards de dinars par la Banque d’Algérie "d'ici à la fin 2016" date limite pour la conformité fiscale volontaire. Car, a-t-il prévenu "l'ensemble des agences bancaires ne se mobilisent pas (pour la réussite de ce dispositif) nous serons vulnérables en 2016".

De son coté le ministre délégué chargé du Budget et de la prospective, Hadji Baba Ammi, a donné une prévision de croissance de 3,76% pour 2015 contre 3,8% en 2014. "Pour 2016 nous prévoyons une croissance de 4,6% du PIB générée par toutes les branches mais surtout par les hydrocarbures".

Le ministre délégué s'est voulu rassurant en soulignant que la baisse de 9% des dépenses budgétaires n'était qu'un "effort de rationalisation" des dépenses alors que les dépenses d'équipement seront maintenues en 2016 "à un niveau qui permettra à toutes les entreprises de poursuivre normalement leurs plans".

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