ALGÉRIE
06/09/2015 08h:08 CET | Actualisé 06/09/2015 14h:27 CET

Rentrée scolaire: entre la flambée des prix des articles scolaires et la minceur du budget des parents d'élèves

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La rentrée scolaire, c'est aujourd'hui. Plus de 8 millions d'élèves inscrits dans les différents cycles de l'enseignement ont rejoint ce dimanche 6 septembre leurs classes à travers le pays. Bien que les parents d'élèves, bienveillants, soient heureux de voir leurs filles et fils emprunter le chemin de l'école, ils ne demeurent pas moins exaspérés par la flambée des prix des articles scolaires à la vielle de chaque rentrée.

Après les dépenses du mois sacré de ramadan et de la fête de l'Aïd El-Fitr, à quelques semaines des dépenses de la Fête du Sacrifice (Aïd Al-Adha), les parents d'élèves ont été amenés à casser leurs tirelires pour munir leurs enfants de quoi lire et écrire.

Les habitants de la wilaya de Constantine n'échappent pas à cette problématique. "C’est un véritable casse-tête pour mon mari qui est le seul à travailler et qui ne sait plus où donner de la tête", se lamente, relayée par l'APS, Amina, une mère de trois enfants, dont deux au collègue et un autre à l'école primaire.

Stylos, crayons de couleurs, trousses, calculatrices, compas, règles et d'autres objets, Amina a calculé un total de 9.500 Da, en comptant une vingtaine de cahiers, grand format, 96 pages et de travaux pratiques, sans toutefois prendre en compte "les tabliers ni les cartables. "L’on ne se rend pas compte tout de suite que l'addition grimpe à la vitesse", s'est-elle plainte.

Si les prix des tabliers réglementaires, roses pour les filles et bleus pour les garçons, avoisinent chez certains marchants 600 ou 700 Da, ils atteignent, quand ça ne dépasse pas, les 1.500 dinars dans les magasins.

Quant aux cartables, ils sont rarement affichés à moins de 2.000 dinars. De nombreux citoyens se rabattent sur les marchés de la cité Daksi Abdeslam (Constantine), d’El Khroub et d’Ain Smara où la friperie oppose une rude concurrence aux enseignes des grandes artères.

Miloud (45 ans) dont les quatre enfants de 7 à 12 ans vont à l’école, tente malgré tout de résister. "Mes enfants gardent leurs cartables de l’année dernière. Ils sont encore en bon état et cette année j’achèterai juste les cahiers et autres articles nécessaires", se rassure-t-il.

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Spéculation et surenchère

Les malheurs des parents d'élèves ne s'arrêtent pas là, puisque certains marchands ne manquent pas de faire jouer la surenchère et la spéculation, proposant des prix inacceptables.

Pour lutter contre ces pratiques, 28 brigades d’inspection chargées de contrôler la qualité et les prix des fournitures scolaires ont été, en effet, mobilisées dans la wilaya de Constantine, rajoute l'APS.

"Ce contrôle vise surtout à garantir le respect des normes de la qualité et de conformité des produits commercialisés", affirme Abdelhakim Merad, chargé de l’information et de la communication à la direction du commerce. "Mais question prix, à part la vérification des factures d’achat…", dit ce responsable dans un haussement d’épaules.

Des milliers d’écoliers issus de familles démunies bénéficient, en outre, au titre la solidarité nationale, de trousseaux scolaires comprenant des fournitures, des tabliers et des cartables.

Un casse-tête "national"

L'ouest du pays est aussi marqué par la flambée des prix des articles scolaires, y compris les pratiques illégales et spéculatives derrière cette tendance. A Oran particulièrement, les parents sont tout aussi préoccupés par les lourdes dépenses auxquelles lls vont devoir consentir.

Les marchés comme celui de M’dina Jdida et les magasins spécialisés sont pris d’assaut, depuis déjà plusieurs semaines, a rapporté la même source.

Partout à Oran, les marchés populaires, les magasins spécialisés, les places publiques et même les trottoirs de certains quartiers sont investis par les revendeurs d’articles scolaires. Les familles en profitaient, à quelques jours de la rentrée, pour dénicher les bonnes affaires.

Tout comme les Constantinois ou les Algérois, les familles Oranaises devront mettre la main à la poche pour déballer leurs économies, déjà amaigries par le ramadan et l'Aîd El-Fitr.

Certains constatent, "par-dessus le marché", que les prix ne font qu'augmenter à Oran, bien que certains articles soient plus abordables par rapport aux autres wilayas.

La rentrée scolaire et ses dépenses passées, les familles algériennes tenteront ensuite d'arrondir leur budget en prévision de l'Aïd Al-Adha. Un cycle vicieux épuisant pour ces parents d'élèves, qui, chaque année, n'hésitent tout de même pas à faire plaisir à leurs progénitures.

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