ALGÉRIE
06/09/2015 03h:43 CET | Actualisé 06/09/2015 04h:08 CET

La guerre des prix des saoudiens est un échec, Maduro prône un sommet des chefs d'Etat de l'OPEP

sellal maduro

Nicolas Maduro à Alger en janvier 2015

Le président du Venezuela, Nicolas Maduro, a renouvelé samedi sa proposition d'une réunion des chefs d'Etat des pays membres de l’OPEP et d'autres pays producteurs de brut dans une allusion à la Russie notamment.

A l'issue d'une rencontre avec l'émir du Qatar samedi 05 septembre à Doha, le président Maduro a estimé nécessaire de " mettre au point une stratégie pour remettre de l'ordre sur le marché pétrolier (...) avec une réunion au plus haut niveau des chefs d'Etat de l’OPEP".

Le Venezuela est pratiquement étranglé par la chute des prix du pétrole. Les recettes d'exportations du pétrole sont tombées à 42,5 milliards de dollars contre 74 en 2014, les réserves de change ont chuté à 16,9 milliards de dollars alors que le pays doit, en 2016, rembourser une dette de 10 milliards de dollars.

Le président Maduro tente d'inverser la tendance en convaincant les pays producteurs de l’OPEP et hors de l’OPEP d'agir pour enrayer la chute des prix. Il a effectué à cet effet des visites en Chine, en Iran, en Arabie Saoudite, en Algérie, en Russie et au Qatar.

La situation du marché n'est en effet guère reluisante avec toujours la conjonction d'une surproduction pétrolière, de l'échec de la guerre des prix menée par l'Arabie Saoudite à affecter l'activité des producteurs de schiste aux Etats-Unis et d'un ralentissement de l'activité économique en Chine.

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Pressions pour une réunion extraordinaire

Le Venezuela mais également l'Algérie, l'Iran semblent vouloir mettre l'impression sur l'Arabie Saoudite en faisant valoir que la guerre des prix imposée à l'OPEP est un échec total, la production du pétrole de schiste américain ayant résisté à l'épreuve.

La production américaine est restée constante (plus de 9 millions barils/jours) alors que l'OPEP dépasse dans les faits sont propre quota de 2 millions de baril-jour pour s'établir à 32 millions de baril-jour.

L'Arabie Saoudite dispose de réserves de change conséquentes de plus de 650 milliards d'euros qui leur permettent d'envisager les choses avec moins d'appréhensions que l'Algérie ou le Venezuela. Mais les choses ne sont pas roses.

Cette stratégie de guerre des prix pèse également sur les finances de l'Arabie Saoudite. Le FMI qui estime que l'Arabie Saoudite a besoin d'un baril à 105 dollars pour équilibrer son budget prévoit un déficit vertigineux de 105 milliards de dollars pour l'année en cours.

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Certaines projections soulignent cependant que les réserves de change de l’Arabie Saoudite lui permettent de supporter un baril sous les 40 dollars jusqu’en 2018.

Sombres perspectives

L’Algérie qui a besoin d’un baril à 120 dollars pour équilibrer ses budgets prévoit une baisse drastique des revenus d’exportations d’hydrocarbures qui devraient s’établir à 34 milliards de dollars en 2015. Une situation délicate, l’économie du pays étant largement dépendante des hydrocarbures qui comptent pour 60% des recettes budgétaires et près de 95% des recettes en devises du pays.

La pression en faveur de la tenue d'une réunion extraordinaire de l’OPEP, sans attendre la réunion ordinaire prévue en décembre s'accentue. Sans effet pour l'instant sur l'Arabie Saoudite qui ne semble pas encore prête à admettre que sa stratégie de guerre des prix et de préservation des parts de marché a échoué.

Les perspectives pétrolières sont encore plus sombres pour 2016 avec un surcroit de production de l'Iran du fait de la levée des sanctions occidentales. L'Irak également a l'ambition d'augmenter sa production.

Autant de raisons d'aller vers une réunion extraordinaire de l'OPEP voire un sommet des pays producteurs du pétrole. Mais encore faut-il que l'Arabie Saoudite - et son ministre du pétrole - admettent qu'ils ont fait fausse route avec une politique de guerre qui a été couteuse pour les pays producteurs.

Pour l’instant aucune indication d’un changement de cap à Ryad. La prochaine réunion de l’OPEP promet d'être houleuse…

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