MAGHREB
04/09/2015 14h:40 CET | Actualisé 05/09/2015 05h:52 CET

Tunisie: Rencontres du Film Documentaire de Redeyef, une brise de changement dans la région

Affiche de la deuxième édition des Rencontre du Film Documentaire de Redeyef
Nomad 08
Affiche de la deuxième édition des Rencontre du Film Documentaire de Redeyef

Les "Rencontres du Film Documentaire de Redeyef", se dérouleront cette année à Redeyef, sous le thème "Cinéma indépendant et revendication sociales". L'événement est organisé par l’association Nomad 08 et Rosa Luxembourg en partenariat avec l’Association Culturelle Afrique Méditerranée. Il se déroulera du 9 au 12 septembre.

Une deuxième édition prometteuse

La première édition des "Rencontres du Film Documentaire de Redeyef" a eu lieu du 3 au 5 Septembre 2014. Elle se limitait aux projections des documentaires et aux débats spontanés du public intéressé après les séances de projection.

Cette deuxième édition arrive avec un programme plus chargé. Elle comporte une série d’ateliers, des débats organisés et des projections.

Les ateliers débuteront avant les projections, à partir du 5 septembre, et se poursuivront tout au long de l’événement. Ils seront encadrés par le cinéaste Alaeddine Slim dont le but est d’amener les participants à réaliser un documentaire à la fin du festival.

Les débats se feront le lendemain matin des projections et seront animés par Naceur Sardi, journaliste et critique de cinéma.

Les projections quant à elles auront lieu en plein air sur une place du quartier Ennazla. L’accès est gratuit pour toutes les activités.

Un Festival engagé

Redeyef est une ville du bassin minier où la vie est rude. Les événements de 2008 et de 2011 n’ont pas apporté de changements positifs au mode vie de ses habitants.

Le taux de chômage fait partie des plus élevés en Tunisie et les conditions climatiques et sanitaires sont difficiles. Pour la culture, ce n'est pas beaucoup mieux. Le seul festival d'été qui existait s'est arrêté après la révolution.

Avec une salle de cinéma abandonnée et une maison de la culture poussiéreuse, le divertissement se fait rare dans la ville.

Si le Festival a pour but de divertir, les organisateurs œuvrent, en plus, à la formation des jeunes de la région. Ils leurs permettent grâce aux ateliers d’acquérir des compétences en cinématographie et de s’y entraîner.

"Il fallait bien compenser le vide laissé par les autorités. Les jeunes et les moins jeunes ont besoin de divertissements. Nous ne cherchons pas à gagner de l’argent mais nous voulons instaurer de nouvelles traditions dans notre ville. Nous voulons aussi instruire les générations futures et leur permettre de créer le changement. Les documentaires sont un très bon moyen d’apprentissage. Ils nous permettent de voir des expériences d’ailleurs. Un jour nous passerons nos propres expériences autours des droits économiques et sociaux. Redeyef est une ville de militantisme et notre histoire en est témoin. Il faudra documenter cela pour les générations à venir.", a déclaré Ahmed Tabbabi, président de l’association Nomad 08, au HuffPost Tunisie.

Une période propice aux échanges

Septembre, mois de la rentrée scolaire, est en général moins chaud que les mois d'été qui le précédent, ce qui représente une donnée très importante dans cette ville du sud ouest du pays. Son climat continental et aride rend en effet les sorties en été insupportables.

"C’est une période chaude sur le plan politique. Les mouvements sociaux sont en pleine reprise ces temps-ci. On les voit se reformer avec une présence plus concrète dans la rue. Le choix de cette période est donc d’autant plus important ", a précisé M. Tabbabi.

Car selon lui, les sujets traités par les films qui seront projetés auront un rapport direct avec les conditions de vie des habitants de Redeyef et ce moment est propice aux débats et aux échanges.

Le droit à l'eau

Les films choisis pour le festival sont pour une grande part en relation avec la réalité de la ville de Redeyef et le vécu de ses habitants. Cela permettra d'une part de susciter l’intérêt du public mais aussi d'apporter du réconfort sinon des solutions concrètes à leurs problèmes.

La question de l’eau est à l’honneur avec le film "L’oued, l’oued" de Abdenour Zahzah. Cette question est très sensible dans le bassin minier car la distribution de l’eau se fait de manière inégale de manière à favoriser les industries. Le flux insuffisant et les coupures d’eau sont très fréquentes à Redeyef.

Choix des intervenants

La majorité des films seront projetés en présence de leurs réalisateurs. Parmi les noms phares figure Mohamed Malas avec son film " le rêve". Plusieurs jeunes réalisateurs tunisiens feront partie de l’aventure comme Abdallah Yahya, Imen Dellil et Intissar Belaid.

Mis à part Naceur Sardi et Alaeddine Slim cités plus haut, Mohamed Frini est lui aussi impliqué dans ce festival. Initiateur des rencontres cinématographiques de Hergla, ce dernier est le directeur artistiques de la deuxième édition des Rencontres du Film Documentaire de Redeyef.

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