MAGHREB
04/09/2015 14h:20 CET

Les migrants: 10 films pour briser les clichés (PHOTOS/VIDÉOS)

Courtoisie

Victimes de la guerre et de la pauvreté, des milliers de personnes cherchent à atteindre l’Europe dans l’espoir d’une vie meilleure. Depuis janvier, le vieux continent doit gérer une forte poussée migratoire inattendue favorisant du coup les parties d’extrêmes droites qui crient à l’invasion. Contre la haine et les idées reçues, le cinéma, qui a vite compris les enjeux humains qui se jouent derrière le drame de ces réfugiés, a très tôt mis en scène les injustices forçant des familles entières à quitter leur maison et leur pays.

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1 – WELCOME

Une histoire sensible et bouleversante sur un jeune migrant kurde sans-papier emplie de rêves. Philippe Lioret nous livre un long métrage magnifique sur l’entraide porté par une distribution imposante, en premier lieu l’acteur Vincent Lindon, magnifique et plein d’espoir dans ce rôle triste à mourir. Un film nécessaire en ces temps d’exclusion puisque Welcome rappelle avec justesse et grande sensibilité que derrière un sans-papier, il y a d’abord et avant tout un être humain qui a aussi droit à sa chance.

2 – LA PIROGUE

Sans pathos ni sentimentalisme, Moussa Touré raconte avec brio comment des hommes et des femmes risquent chaque jour leur vie pour atteindre les côtes européennes à bord d’embarcation de fortune. Pointant l’objectif de sa caméra sur les visages des malheureux, le cinéaste sénégalais fait œuvre utile en rappelant à son tour les drames qu’endurent les exilés de ce monde.

3 – EDEN À L’OUEST

Cette grande odyssée suit le parcours d’un clandestin à travers une Europe à la fois cruelle et intolérante. Le grand réalisateur Costa Gavras (Z, Missing) nous offre une fable tragico-comique dans laquelle un héros mytique – véritable Ulysse des temps modernes – devient le miroir de nos peurs et de nos préjugés.

4 – LA RIVIÈRE TUMEN

L’amitié entre deux enfants compose la trame du film de Zhang LU (Desert Dream) situé sur les bords de la rivière Tumen qui marque la frontière naturelle entre la Chine et la Corée du Nord. L’un est Chinois, l’autre réfugié nord-coréen. Ils se rencontrent au cœur d’une des régions les plus perdues du monde. Une grande œuvre sur la malchance d’être né du mauvais côté de la vie.

5 – BABEL

Avec Babel, dernier volet d'une trilogie entamée par Amores perros et 21 Grams, Alejandro González Iñárritu (Birdman) signe une œuvre d’une force inouïe. Filmé sur trois continents, le film choral dresse un portrait sublime sur ce qui relit les êtres humains entre eux, malgré les distances et les différences culturelles. Citons le destin d’Amelia, une femme d’origine mexicaine ayant vécu illégalement aux États-Unis depuis plus de 16 ans. Sa vie sera brisée lorsque les services douaniers américains découvriront sa situation irrégulière. En 2010, Iñárritu traitera à nouveau du même sujet dans Biutiful où il sera question cette fois du travail d'immigrés illégaux dans une Barcelone noire et glauque.

Alejandro Inarritu / BABEL / TRAILER from iconoclast on Vimeo.

6 – LA PROMESSE

Dans la ville industrielle de Seraing, près de Liège en Belgique, une histoire sordide sur l'immigration illégale construite avec empathie par les frères Luc et Jean-Pierre Dardenne. Igor, 15 ans, trempe sans vraiment le savoir dans les entourloupes de son père qui exploite de la main-d'œuvre émigrée. Jusqu'au jour où un travailleur africain fait une chute et fait promettre à Igor de s'occuper de sa famille, avant de mourir. Commence alors pour ce dernier le lent éveil à la conscience morale. Avec ce regard quasi documentaire qui caractérise leur cinéma, les frères Dardenne décrivent une réalité accablante: le marchandage ordinaire de la misère.

7 – L’ÉMIGRANT

Charlie Chaplin réalise en 1917 une oeuvre personnelle dans lequel il interprète un émigrant anonyme sans le sou. Ce très beau court métrage muet de 30 minutes qui ne manque pas d’humour revient sur la grande aventure que fût l’immigration humaine au début du siècle dernier. Par cargos, des millions d’entre eux, malchanceux, pauvres ou victimes des injustices, sont venus construire les rêves de l’Amérique.

8 – DIEGO STAR

«Diego Star»: c’est avant tout le nom d’un cargo en ruine sous pavillon russe avec à l’intérieur des employés issus du «tiers monde» pris en otage par l’avarice d’employeurs véreux. D’emblée, le premier long métrage du Québécois Frédérick Pelletier nous entraine dans une réalité brute et amère. Filmée en partie au bord du chantier maritime Davie à Lévis en plein hiver, l’œuvre d’une exceptionnelle maîtrise confronte les victimes de l’inhumaine mondialisation à celles de la crise économique.

9 – EL NORTE

Après l’assassinat de leur père et la disparition de leur mère, Enrique et Rosa, frère et sœur indiens, quittent leur Guatemala natal en direction de Los Angeles, terre promise de tous les possibles. Accompagnés d’un passeur, ils traversent le Mexique à travers les égouts du pays. Arrivés à destination, ils se rendent vite compte que la vie n’est pas si facile à Los Angeles. Nommée en 1985 pour l’Oscar du meilleur scénario original, la production à petit budget de Gregory Nava a eu un gros succès aux États-Unis. Une copie est d’ailleurs conservée à la Bibliothèque du Congrès américain pour sa qualité culturelle, esthétique et historique.

10 – LE FILS DE L’HOMME

Alfonso Cuarón (Y tu mamá también) frappe fort avec ce film d’anticipation dont la mise en scène magistrale marque les esprits pour longtemps. Dans un futur proche où les femmes sont devenues stériles, la mort du dernier enfant recensé par les autorités est le signal de l'extinction imminente de l'humanité avec en prime une guerre civile, des camps de réfugiés et une terrible violence urbaine. Le réalisateur de Gravity semble tirer la sonnette d’alarme en nous expliquant que personne sur terre n’est à l’abri du chaos et que notre manque de solidarité pourrait peut-être bientôt nous mener à notre propre perte.

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