MAROC
03/09/2015 04h:56 CET | Actualisé 03/09/2015 05h:55 CET

L'interview de Fouad Douiri, candidat à la présidence de la région de Casablanca, sous la bannière de l'Istiqlal

L'interview de Fouad Douiri, candidat à la présidence de la région de Casablanca, sous la bannière de l'Istiqlal
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L'interview de Fouad Douiri, candidat à la présidence de la région de Casablanca, sous la bannière de l'Istiqlal

INTERVIEW - Ex ministre du gouvernement Benkirane, ancien patron de RMA Watanya, ce diplômé des Ponts et Chaussées est candidat à la présidence de la région de Casablanca, dans la circonscription de la mort. Rencontre avec un technocrate.

Le HuffPost Maroc: Fouad Douiri, vous vous présentez aux régionales dans la circonscription "de la mort" , où de nombreux candidats à l’envergure nationale sont face à vous. En quoi votre offre se démarque de la leur?

Fouad Douiri: Tout d’abord en démocratie, il faut que les sortants présentent leur bilan, et il est mauvais. Casablanca était dirigée par une coalition au niveau de la ville et de la région composée de l’UC, du PJD, du PAM et du RNI. Le discours royal d’Octobre 2013 a dressé un constat d’échec de la gouvernance de Casablanca. Le Wali a alors pris l’initiative et lancé un plan d’urgence et un plan de développement 2015-2020. J’ai participé aux travaux préparatoires de ces plans en tant que compétence économique, et je peux vous dire que ces élus étaient absents, ils laissaient passer l’orage... Le Parti de l’Istiqlal, que je représente sur la circonscription de Casa Anfa est donc l’alternative crédible et solide.

Comment se décline votre programme pour la région?

Il repose sur deux piliers essentiels: la création d'emplois à travers une croissance économique accélérée, équilibrée et durable et le renforcement du lien social couplé avec la promotion d'une citoyenneté active. Mon éthique personnelle m’interdit de faire des promesses irréalisables et chimériques et je m’engage personnellement à œuvrer pour réaliser ce que j’ai proposé. Notre campagne, de terrain, au plus près des citoyens, nous conforte de par l’adhésion et l’estime que nous donnent tous ceux que nous rencontrons.

Vous faites partie de cette génération d’"ingénieurs technos" passés par le public, vous avez été ministre sous le gouvernement Benkirane, et vous êtes assimilé à un clan (Douiri) ne pensez vous pas que le public en a assez de ce type de profils ?

J’ai bâti ma vie sur le travail, le mérite et l’engagement au service de mon pays. Je suis ingénieur des Ponts et Chaussées, j’ai travaillé dans le domaine des Travaux Publics puis dans une compagnie d’assurance ou, en 20 ans, j’ai progressivement pris des responsabilités jusqu’à en devenir le Président, ce qui m’a donné une expérience managériale indispensable pour gérer les affaires publiques. J’ai milité de longues années au Parti de l’Istiqlal et dans la société civile avant d’intégrer le premier gouvernement Benkirane et dont j’ai démissionné pour divergences politiques. Ceci prouve, à tout le moins, que mon engagement n’est pas motivé par la recherche de postes ou d’avantages personnels! Pour l’anecdote, j’avais en 2009 en tant que président de l’association des ingénieurs des ponts et chaussées organisé un grand colloque international sur la régionalisation ! Ne pensez vous pas que les électeurs, pour gérer les affaires de leur région, recherchent ce type de profils ?

En quoi le développement de Casablanca pourra être accéléré grâce à la régionalisation ?

La déconcentration et la décentralisation sont deux leviers puissants d’amélioration de l’efficacité et de la rapidité dans la connaissance des besoins, la prise de décision et sa mise en œuvre. C’est l’essence même de la régionalisation. L’une des prérogatives de base de la région est justement de mettre en place un plan de développement régional et de lancer l’Agence de développement régional prévue par la loi. Le Président et son équipe doivent s’y atteler très rapidement et recruter des compétences de haut niveau dans cette agence. J’ai la compétence et la volonté pour le faire et je serai également un partenaire engagé et exigeant de l’Etat et des Collectivités locales pour assurer a convergence et la synergie des programmes et des plans d’action, mais aussi pour mobiliser au plus vite les budgets indispensables. J’insiste sur la priorité donnée à la création d’emplois à travers des mesures concrètes, par exemple, lancer enfin la zone industrielle et logistique Oulad Hadda, sur 850 Ha, annoncée mais non réalisée depuis 2011. Enfin je veux souligner mon engagement pour la durabilité et la protection de l’environnement, car l’Eau, l’Energie et l’Environnement sont trois défis majeurs du 21ème siècle.

Vous avez parlé de votre volonté de "recoudre le lien social". Au delà de la formule, quels sont vos propositions concrètes pour réduire les disparités et améliorer le vivre-ensemble ?

C’est pour moi une conviction profonde. Le lien social nous permettra à tous d’être des acteurs citoyens dans notre région car tous embarqués sur le même bateau. Je m’engage à investir en priorité dans les transports publics pour améliorer la vie quotidienne des citoyens à travers les bus rapides, de nouvelles lignes de tramway et le train express régional. Je suis déterminé à garantir à nos concitoyens à mobilité réduite l’accès aux bâtiments publics et à l’emploi. Je m’engage à communiquer en toute transparence sur les projets et les réalisations, à travers une chaine de Télévision régionale qui nous informera tous sur la vie de notre région. J’engagerai un dialogue permanent avec la société civile dans des commissions consultatives thématiques ou ad hoc, et apporterai un soutien organisationnel et financier, sur la base de contrats d’objectifs et non d’affiliations partisanes, avec les associations, notamment dans le domaine du sport et de la culture.

Enfin je veux initier avec les villes, et notamment Casablanca, 2 projets phares : la création d’une police de proximité pour sécuriser nos concitoyens et nos concitoyennes et le développement d’une offre de logements sociaux locatifs destinées aux citoyens habitant dans les bidonvilles ou les logements menaçant ruines.

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