MAROC
03/09/2015 11h:12 CET

Affaire Laurent-Graciet: Le palais royal maintient qu'il y a eu chantage, selon "Le Monde"

Affaire Laurent-Graciet: Le palais royal maintient qu'il y a eu chantage, selon "Le Monde"
Affaire Laurent-Graciet: Le palais royal maintient qu'il y a eu chantage, selon "Le Monde"

POLÉMIQUE – Eric Laurent aurait bien essayé de faire chanter le palais royal afin d’obtenir de l’argent en échange de la non publication de son livre.

Selon des informations obtenues par Le Monde, qui cite des sources proches du palais, le journaliste français aurait appelé, le 23 juillet, le cabinet royal, afin de parler au secrétaire particulier du roi. "Merci à Monsieur Majidi de me rappeler. J’ai des éléments d’une extrême gravité à lui communiquer", indique-t-il à une secrétaire.

Mais Mounir Majidi décide de confier l’entretien à son avocat, Hicham Naciri. Si le journaliste refuse d’abord de lui parler, il finit par le rappeler pour convenir d’un rendez-vous en face à face. La rencontre a lieu à Paris le 11 août.

Selon Hicham Naciri, Eric Laurent lui annonce qu’il va publier un livre avec Catherine Graciet contenant des informations "explosives", comme des scandales au sein de l’OCP ou des histoires d'appels d’offres douteux. Des sujets "plus qu’épuisés, déjà couverts par la presse", estime l’avocat du palais.

"Je préfère éviter la sortie du livre", lui aurait confié le journaliste. "Alors ne le sortez pas!", lui répond Me Naciri. C’est là qu’Eric Laurent aurait évoqué un "accord" et une "contrepartie", puis demandé la somme de 3 millions d’euros. "Qui le premier en a émis le principe (de payer pour la non publication, ndlr)?", s'interroge Le Monde. Difficile de savoir. "La phrase-clé fait sans doute partie de celles que les transcriptions signalent comme 'inaudibles'".

Le Monde, qui a eu accès à des transcriptions quasi exhaustives de l’enregistrement, note néanmoins deux "failles" dans la version livrée par le journaliste. D'abord, ce dernier ne semble pas vouloir obtenir une interview avec le palais pour "croiser ses informations", comme il le prétend dans l’entretien accordé il y a quelques jours au journal. Ensuite, l’avocat du palais ne dit à aucun moment qu’ils pourraient envisager une rémunération "en contrepartie du retrait de l’écrit", comme il l’affirme.

Dans une autre bande-son d’un appel passé entre Me Naciri et Mounir Majidi cette fois-ci, le premier explique au second que sans "l’ombre d’un doute", il s’agit bien "de chantage" et "de tentative d’extorsion". La police française est ensuite prévenue, et c’est elle qui viendra cueillir les deux journalistes à la sortie du second rendez-vous parisien.

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