MAGHREB
03/09/2015 14h:54 CET

Tunisie: Les agriculteurs en colère contre le dénigrement du secteur

UTAP: La police empêche les manifestants de rejoindre le ministère de l'agriculture
UTAP
UTAP: La police empêche les manifestants de rejoindre le ministère de l'agriculture

Intitulée "La journée de la colère", une manifestation organisée mercredi par les agriculteurs et les pêcheurs, en protestation contre la dégradation de leur situation, a dégénéré en échauffourées avec la police, selon de nombreux témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux.

Tout a commencé par un sit-in devant l’Union tunisienne de l'agriculture et de la pêche (UTAP). Les protestataires ont ensuite voulu se rendre devant le ministère de l’Agriculture.

Des échauffourées entre manifestants et police ont alors éclaté lorsque certains manifestants, voulant passer par la force, se sont fait bousculer puis disperser à coup de matraques et de poings par les agents.

Dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux, on voit non seulement la violence des policiers mais aussi celle des manifestants qui répondent aux coups de matraques par des coups de bâtons ou des bouteilles qu’ils jetaient sur les policiers.

Que veulent les agriculteurs?

D’après Abdelmajid Zar, président de l’Union tunisienne de l'agriculture et de la pêche (UTAP), principal syndicat de ce secteur, les demandes des agriculteurs ont été ignorées depuis 2011.

Leurs besoins n'auraient pas été inclus (ou de manière insuffisante) dans les lois de finances et les lois de finances complémentaires depuis, contrairement à d’autres secteurs. Parmi les revendications des manifestants on peut citer:

  • La facilitation du remboursement des dettes
  • La libéralisation de l’exportation
  • La couverture sociale pour les travailleurs dans le secteur agricole
  • La régularisation des situations foncières
  • La répartition de l’eau d’irrigation

Hedi Soula, président de la commission de l’agriculture à l’Assemblée, a déclaré que "les attaque terroristes n’ont pas touché que le secteur touristique. Si chaque hôtel devait acheter une tonne de légumes et qu’aujourd’hui ce n’est plus le cas, on voit tout de suite l’impact sur le secteur agricole".

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