MAROC
02/09/2015 10h:00 CET | Actualisé 30/11/2015 11h:38 CET

Énergie nucléaire au Maroc: L'Agence internationale de l'énergie atomique en mission de prospection en octobre

Énergie nucléaire au Maroc: Une agence de l'ONU en mission de prospection en octobre
2./Flickr
Énergie nucléaire au Maroc: Une agence de l'ONU en mission de prospection en octobre

NUCLÉAIRE - Du nouveau dans le développement des technologies nucléaires au Maroc. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui travaille sous l’égide de l’ONU, mènera une mission de prospection dans le royaume au mois d’octobre.

Lors d’un déplacement le 24 août à Nairobi, au Kenya, la conseillère principale pour la politique et la stratégie du département de l’énergie à l’AIEA, Anne Starz, a en effet déclaré qu’un certain nombre de pays africains, dont le Maroc, avaient exprimé "leur intérêt dans le développement de l’énergie nucléaire".

Une mission de prospection, chargée d’évaluer les infrastructures nécessaires à la construction du programme d’énergie nucléaire, baptisée INIR (Integrated Nuclear Infrastructure Review), sera déployée cet automne dans le royaume, a annoncé Mme Starz.

Un "examen complet"

"Toutes les missions INIR pour 2015 ont été demandées par des États membres africains", a déclaré la conseillère. "Nous avons effectué une mission de phase 1 au Nigeria en juin, nous sommes en mission ici au Kenya à partir d'aujourd'hui, et nous aurons une mission de phase 1 prévue au Maroc en octobre", a-t-elle indiqué.

"Cette mission vise à permettre au pays hôte d'obtenir un examen complet de toutes les facettes de son programme nucléaire. Celle-ci impliquera tous les acteurs gouvernementaux concernés, et aidera à ce que les infrastructures nécessaires soient développées de manière intégrée", a expliqué Mme Starz.

La mission sera menée par une équipe de l'AIEA et d’experts internationaux dans le développement de l'infrastructure nucléaire. "L'équipe fera également des recommandations et identifiera les problèmes que (le pays hôte) pourrait rencontrer avant de prendre une décision réfléchie au sujet de l'introduction de l'énergie nucléaire", a-t-elle précisé.

En décembre 2014, le Centre national de l’énergie, des sciences et des techniques nucléaires (CNESTEN), rattaché au ministère, avait annoncé, lors d’une réunion à Rabat, la création d’un centre de formation en sciences et technologies nucléaires prévu pour 2015, et celle de l’Agence marocaine de la sécurité nucléaire et radiologique, chargée de surveiller le fonctionnement des installations nucléaires selon les normes de l’AIEA.

L'énergie nucléaire d'ici 2030?

En février, le ministre de l’Energie et des Mines, Abdelkader Amara, confiait à L’Usine nouvelle qu’en matière d’énergie nucléaire, le Maroc n’avait "pas de projet à court terme", mais que l’option "reste ouverte" et qu'un projet électronucléaire pourrait prendre une quinzaine d'années. "Sous peu, un texte portant sur une future Agence de sûreté nucléaire va être débattu au parlement. Ce sont les prérequis nécessaires", expliquait-il.

Aujourd’hui, le Maroc possède un seul réacteur nucléaire de 2MW, situé dans le centre de la Maâmora, entre Salé et Kénitra. Ouvert en 2003, le centre est pour l’instant dédié à la recherche. Une équipe chargée du développement de la médecine nucléaire est notamment sur place.

Le Maroc, qui s'active pour réduire sa dépendance énergétique, est prêt à investir massivement dans l'énergie. D'ici 2020, 200 milliards de dirhams devraient ainsi être investis dans le secteur, en grande partie dans l'électricité et les énergies renouvelables.

Les centrales nucléaires, qui produisent d'importantes quantités d’électricité sans émettre de CO2, apparaissent comme une alternative pour remplacer les hydrocarbures. Outre l'électricité, le nucléaire pourrait servir à dessaler l'eau de mer, à l'heure où le Maroc connaît un risque de "stress hydrique" et pourrait manquer d'eau d'ici 2040.