MAGHREB
01/09/2015 13h:50 CET

D'ici 2040, la Tunisie pourrait perdre plus de 80% de ses ressources naturelles en eau

Flickr Dennis Jarvis

La Tunisie ferait partie des 33 pays les plus susceptibles de connaitre un stress hydrique (ou pénurie d'eau) d'ici 2040. C'est ce que révèle une étude de la World Resources Institute, une organisation mondiale de recherche qui oeuvre dans plus de cinquante pays.

L'augmentation de la population mondiale, le changement climatique et l'urbanisation vont de paire avec la consommation d'eau. La prédominance de certains secteurs gourmands - comme celui de l'agriculture en Tunisie - participe également au risque de stress hydrique.

La Tunisie se classe parmi les pays qui ont un risque très élevé de manquer d'eau dans les décennies à venir. En d'autres termes, la Tunisie pourrait perdre plus de 80% de ses ressources naturelles d'eau d'ici 2040.

Dans la catégorie des pays classés à très haut risque, 14 sur 33 se situent dans le Moyen-Orient, avec entre autres le Maroc, le Bahreïn, l'Algérie, la Libye, l'Arabie Saoudite, etc.

En revanche, certains pays ont un risque quasi-nul de stress hydrique, comme la Zambie, le Soudan du Sud, le Rwanda ou encore la République du Congo.

stress hydrique

Pour établir leur rapport, les chercheurs ont utilisé un ensemble de modèles de scénarios climatiques et socioéconomiques afin de noter et classer l'épuisement de la surface de l'eau dans 167 pays.

Quelles mesures pour la Tunisie?

En Tunisie, les trois-quarts du territoire sont considérés comme semi-arides ou arides, ce qui a une influence considérable sur les ressources naturelles d'eau. Des experts de l'UNESCO ont également placé la Tunisie dans la catégorie des pays qui auront des problèmes sérieux d'eau à l'horizon 2025.

Au niveau national, l'article 44 de la Constitution tunisienne prévoit que "Le droit à l’eau est garanti. La préservation de l’eau et la rationalisation de son exploitation est un devoir de l’État et de la société".

"L’eau en Tunisie est rare. Mais jusque-là, on a bien géré nos ressources, donc on ne peut pas parler de crise de l’eau ", affirmait en 2014 Abderrazak Souissi, enseignant universitaire et directeur général du bureau de la planification et des équilibres hydrauliques au ministère de l’agriculture.

Un rapport des Nations Unies pour le développement mondial de l'eau 2015 déclare que la nécessité d'utiliser de l'eau plus durable, l'accès aux services d'eau plus fiables, et une meilleure gouvernance de l'eau et des eaux souterraines superficielles nationales et transfrontalières sont les principaux défis concernant l'eau dans le monde arabe.

Alors que des crues intenses ont endommagé et détruit des infrastructures en Tunisie en 2012 et 2013, le rapport précise également que des mesures d'adaptation au changement climatique ainsi que des stratégies face à la sécheresse ont été mises en place en Tunisie.

La Tunisie a également cherché à réhabiliter l'irrigation de canaux, de terrasses et de réseaux d'eau traditionnels dans le but d'améliorer l'efficacité de l'utilisation de l'eau à des fins agricoles.

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