ALGÉRIE
01/09/2015 04h:40 CET | Actualisé 01/09/2015 04h:47 CET

L'ancien chef de l'antiterrorisme le général Hassan a été libéré, aucune charge n'a été retenue contre lui

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Akram Kharief: "une vraie partie d'échecs"

L'ancien chef de l’antiterrorisme au Département du renseignement et de la sécurité (DRS), le général-major Hassan, de son vrai nom Abdelkader Aït Ouarabi, a été libéré, indique le journal El Watan dans une information publiée, lundi soir, sur son site.

"Le général Hassan, ex-chef de la lutte antiterrorisme au sein du DRS, a été libéré aujourd'hui lundi de la prison de Blida où il était détenu depuis 5 jours" indique El Watan en ajoutant une précision de taille : "aucune charge n'a été retenue contre lui"

Le rebondissement est aussi spectaculaire que la nouvelle de l'incarcération de l'ancien chef de l'antiterrorisme à la prison militaire de Blida. Incarcéré jeudi, libéré lundi, le général Hassan vient peut-être de battre le record du mandat de dépôt le plus court de l'histoire de la justice en Algérie.

Autre élément frappant : si la précision apportée par El Watan se confirme, "l'affaire du général Hassan" cesse d'exister au plan judiciaire alors qu'au moment de son placement en mandat de dépôt, jeudi dernier, il faisait l'objet de charges lourdes passibles de la peine de mort.

LIRE AUSSI :De très graves accusations pèsent sur lui : le général Hassan, ancien chef de l'antiterrorisme incarcéré à Blida

En quatre jours et demi, on assiste à un renversement spectaculaire de la situation. Il est vrai qu'au plan de la communication "officielle", aucune information n'avait été donnée sur l'incarcération du général Hassan à la prison militaire de Blida. Il n'y en aura probablement pas non plus sur cette libération.

Hanoune : Que se passe-t-il au sommet de l’Etat ?

Cet épisode du général Hassan va nourrir un peu plus les spéculations sur les luttes au sommet du pouvoir algérien avec pour toile de fond les décisions prises récemment de mettre à l'écart de haut-responsables de la sécurité, de confier la sécurité présidentielle à la garde républicaine au lieu du DRS ainsi que la dissolution du Groupe d'Intervention Spéciale (GIS), le service action du DRS.

Au niveau national où les politiques ont tendance à faire profil bas sur les affaires impliquant l'armée et le DRS, Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT) a abordé le sujet de manière directe en dénonçant les accusations "graves" portées contre le général Hassan.

La secrétaire général du PT a relevé que parmi les charges retenues contre le général Hassan figurait le dossier de Tiguentourine. Elle y voit une opportunité offerte sur un plateau en argent à des grandes puissances pour ouvrir le dossier de l'Algérie au niveau de la CPI (cour pénale internationale).

"Quand un responsable de la lutte contre le terrorisme est accusé d’avoir constitué un groupe terroriste, c’est une occasion qu’on présente sur un plateau d’argent aux grandes puissances impérialistes pour qu’elles s’ingèrent dans nos affaires internes." a-t-elle indiqué en s'inquiétant de l'affaiblissement du dispositif de lutte contre le terrorisme que cela engendre et du discrédit de l'Etat algérien à l'étranger.

Un long feuilleton

L'affaire du général Hassan a suscité l'intérêt des médias étrangers qui, à l'instar de RFI, l'insèrent dans la "réforme en cours depuis plusieurs mois au sein des services de renseignements" et qui n'est pas "étrangère à la succession qui se prépare à la tête de l'Etat".

"Pour beaucoup d'observateurs de la vie algérienne, c'est l'avenir du pays qui se joue en ce moment avec la réforme qui touche les services de sécurité. L'avenir politique d’abord, pour préparer la succession du président Bouteflika, malade depuis plusieurs années, mais aussi l'avenir de l'appareil sécuritaire tout puissant" note RFI.

Akram Kharief, directeur du site spécialisé dans les questions de défense, Secret Difa3, y note que " ce n'est pas une mais trois successions qui se préparent" dans les trois pôles du pouvoir, la présidence, le DRS et l’état-major de l’armée. "C'est une transition qui ne dit pas son nom, un vrai jeu d'échec" a-t-il dit.

Al-Jazeera dans un article intitulé "qu'y a-t-il derrière l'arrestation du général Hassan en Algérie ?" y voit un "épisode dans le long feuilleton de la lutte entre la présidence et les services de renseignements"

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