MAROC
01/09/2015 06h:56 CET | Actualisé 01/09/2015 07h:27 CET

"Appeler au boycott des élections n'est pas illégal", rappelle le CNDH au ministère de la Justice et de l'Intérieur

Driss El Yazami, président du CNDH
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Driss El Yazami, président du CNDH

ELECTIONS- Dans un courrier adressé aux ministères de l'Intérieur et de la Justice, dont le HuffPost Maroc détient copie, le Conseil national des droits de l'Homme (CNDH) a réagi à "l'arrestation" ou "la poursuite" de plusieurs citoyens pour avoir "appelé à boycotter les élections du 4 septembre ou avoir distribué des tracts appelant à ce boycott" dans plusieurs régions du Maroc.

Le CNDH a ainsi rappelé dans ledit document que "la Constitution reconnait les conventions internationales des droits humains et les prend comme référence", garantissant "à tout organisme et à toute personne d'exercer et d'exprimer sa liberté d'opinion à travers tous les moyens légaux et pacifiques".

"Il n'existe aucun texte de loi qui incrimine ce genre d'actions (l'appel au boycott des élections, ndlr)", souligne le courrier qui rappelle que le CNDH a déjà insisté, dans un rapport publié suite à l'observation des élections législatives de 2011, sur la nécessité de "considérer les rassemblements et les différents moyens d'expression appelant au boycott comme conformes aux dispositions de la loi sur les libertés individuelles".

Le CNDH a, de ce fait, appelé les ministères de la Justice et de l'Intérieur à "ordonner aux services qui leur sont affiliés de respecter la loi et de réagir de manière légale aux différentes positions lors de la campagne électorale".

Depuis le début de la campagne électorale, plusieurs vidéos et photos de militants arrêtés par les autorités ont été publiées sur les réseaux sociaux. La plupart d'entre eux ont été relâchés après avoir subi des interrogatoires. Parmi eux, l'ex présidente de l'Association marocaine des droits humains (AMDH) Khadija Riyadi, qui a été arrêtée le 25 août dernier au quartier Akkari à Rabat, alors qu'elle distribuait des tracts appelant au boycott des élections en compagnie de membres du parti Al-Nahj al-Dimocrati qui boycotte les élections.

De nombreuses personnalités politiques ont réagi sur les réseaux sociaux, défendant le droit au boycott. Parmi elles, Salaheddine Mezouar, ministre des Affaires étrangères, ou encore Khadija Rouissi, députée PAM.

Il est inadmissible que des militants qui appellent au boycott des élections soient violentés. Si appeler à voter est un droit absolu, appeler à boycotter est un droit absolu également.

Posted by Khadija Rouissi on Tuesday, August 25, 2015