ALGÉRIE
01/09/2015 13h:12 CET | Actualisé 01/09/2015 18h:57 CET

L'Etat veut frapper aux portefeuilles pour faire face à un incivisme routier meurtrier

Facebook/infotraficalgerie

Les autorités algériennes ont-elles enfin trouver une solution efficace face au "terrorisme routier" et ses milliers de morts par an

Après le durcissement des peines de prison, annoncé en mars 2015 par l'ex-ministre des Transports, Amar Ghoul pour "refroidir" les ardeurs des "conducteurs irresponsables", Boudjema Talaï, actuel responsable du même secteur, envisage, lui, de les "frapper aux portefeuilles".

A en croire le quotidien arabophone Echorouk, des amendes allant jusqu'à 10.000 dinars devraient être instaurées pour punir les différentes infractions routières.

Devant la montée de l'incivisme routier, les autorités veulent jouer aussi bien sur le levier pénal que sur le levier financier qui peut en effet être dissuasif face à la généralisation des manquements au code de la route devenus, au fil du temps, une manière "ordinaire" de se comporter.

En visite de travail dans la wilaya de Ain Defla, Boudjema Talaï, a affirmé que "frapper aux portefeuilles" des "chauffards" est la seule solution envisageable actuellement pour réduire les accidents de la route.

Le ministre a également déploré les dégâts matériels et humains engendrés par ces accidents. Durant le premier semestre 2015, 2.216 personnes ont été tuées et 21.914 autres blessés dans 12.352 accidents de la route, rappelle-t-on.

Les mêmes chiffres macabres se manifestent durant les trois dernières années, avec plus de 200 milles victimes, entre blessés et morts recensées.

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Une bataille en amont

Dans le même sillage, le ministre Boudjema Talaï a révélé que le permis de conduire à points entrera en vigueur à partir de la fin de la prochaine année. La mesure, qui s'inscrit dans le cadre de la prévention, facilite la lutte contre le "terrorisme routier".

"Le permis à points fait partie de la solution", a-t-il affirmé, dans un entretien accordé à TSA. "Nous voulons le faire. Il faut aussi être plus strict dans la délivrance des permis. Nous avons entamé une réflexion sur ce sujet", a-t-il expliqué. "Un travail est en train de se faire avec les services du ministère de l'Intérieur et une commission est installée pour le mettre en place."

"Le terrorisme des routes gagne tous les records", a-t-il rajouté, par ailleurs, dans un entretien accordé au quotidien l'Expression. "Le non-respect du code de la route doit en être la cause. Pour y remédier, la répression par les services de sécurité est une première solution et c'est aussi un problème de formation au niveau de la conduite", a-t-il estimé.

Boudjema Talaï a par ailleurs évoqué "les dos d'ânes anarchiques, placés partout", dans le même entretien, précisant que la diminution du nombre des accidents passe par la "sécurité dans les voitures".

Son prédécesseur au ministère des Transports avait lui aussi affirmé que ce secteur "travaille en coordination avec le ministère des Affaires étrangères pour "acquérir du matériel de contrôle auprès de l'Union Européenne", qui permettrait de limiter le nombre des accidents".

En mars 2015, Amar Ghoul avait affirmé que pour "améliorer la sécurité et stopper l'hécatombe", les autorités étudiaient la possibilité d'amender le code pour augmenter la peine de prison de 5 à 10 ans et instaurer le retrait définir du permis aux conducteurs provoquant de graves accidents.

Evoquant, en outre, le manque de panneaux de signalisation, Boudjema Talaï a rétorqué que ces outils sont "placés conformément au code de la route". "Mais nous allons remettre dans le paysage les feux de signalisation, à brève échéance. Les Algériens vont devoir se familiariser avec les feux rouges et feux verts", avait-il quand même indiqué.

Ils devront surtout apprendre qu'ils payeront cher les mauvaises habitudes acquises dans l'enfer de la "conduite à l'algérienne" souvent perçues comme un défi permanent aux normes et au bon sens.

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