MAGHREB
31/08/2015 12h:53 CET

Tunisie - "Instruire c'est construire": Un projet pour faire participer les citoyens à la lutte contre l'abandon scolaire

glory lily/Flickr

Combattre l'ignorance et l'abandon scolaire dans les régions défavorisées en prenant en charge la scolarité à long terme d'écoliers démunis, tel est l’objectif de l’opération "Instruire c’est construire" mise en place par l’association Afreecan.

La quatrième édition de cette opération prendra en charge 200 élèves ciblés entre l’école de Sidi Salem de Sejnane et d’autres enfants nécessiteux recensés dans 15 gouvernorats.

En partant du constat que dans les régions touchées par la pauvreté extrême (moins de 3 dinars par parent et par jour) le taux de rupture scolaire est très élevé, l’association se veut être un frein à l’abandon scolaire.

"Dans les régions touchées par la pauvreté extrême (moins de 3 dinars / jour / parent) :

- 2 enfants sur 10 ne terminent pas le primaire

- 5 enfants sur 10 ne terminent pas le secondaire

- 8 enfants sur 10 n'atteignent pas le supérieur", peut-on lire sur le site d'Afreecan

Avec pour slogan: "Un seul enfant quitte l’école et c’est toute la Nation qui échoue!", Afreecan veut offrir les conditions minimales d'éducation et de santé aux jeunes écoliers des régions défavorisées en ciblant 4 volets: éducatif, social, culturel et sanitaire.

  • Le volet éducatif comprend les travaux de rénovation des écoles et la lutte contre l’abandon scolaire.
  • Le volet social comprend une campagne de secours en hiver pour lutter contre le froid, mais aussi en offrant du travail dans la maçonnerie aux parents pour les projets de rénovation.
  • Le volet culturel comprend des campagnes de sensibilisation contre l’abandon scolaire, la réalisation d’un rêve d’un élève et le jumelage avec une école de la capitale.
  • Le volet sanitaire comprend le passage d’une caravane médicale, l’approvisionnement en médicaments, un suivi médical à long terme et l’approvisionnement en lunette de vues.

Après l’école de Awled Merai à Teboursouk dans le gouvernorat de Béja en 2013-2014, et l’école de Machrawa dans la municipalité de Ain Drahem en 2014-2015, c’est l’école Sidi Salem à Sejnane qui sera pour cette année scolaire la cible de l’association.

Les actions de levées de fonds d’Afreecan se font à travers des kermesses, spectacles et autres évènements. Mais l’innovation d’Afreecan, c’est qu’elle implique les citoyens dans son combat. En effet, la chance est donnée aux citoyens de parrainer un élève en remplissant un formulaire en ligne.

Ce parrainage de 75 dinars par an permet à l’association de fournir à l’élève toutes les conditions nécessaires à la réussite de sa scolarité: cartable, livres, cahiers, fournitures scolaires (pour toute l'année), suivi scolaire sur toute l'année, suivi social et familial et aides pour les familles, caravanes médicales et suivi annuel, campagne de secours avant l'hiver (vêtements et nourriture), jumelage avec une école des grandes villes pour connecter les enfants du pays, actions de sensibilisation et de prévention, excursions et récompenses trimestrielles pour les élèves ayant fourni un effort scolaire….

Les parrains recevront un reçu mais aussi le nom, la photo et le dossier de l'enfant afin de suivre son évolution. AFREECAN et ses bénévoles les tiendront informés de l'évolution de l’élève et ils pourront l’appeler ou le voir personnellement pour l'encourager.

Ce mécanisme de parrainage a aussi été mis en place pour les Tunisiens à l’étranger, pour lesquels une cagnotte en ligne a été créée, leur permettant de parrainer et suivre un élève pour 35 euros.

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