MAROC
31/08/2015 12h:58 CET | Actualisé 31/08/2015 13h:00 CET

Les employés de la Samir ont reçu leur salaire du mois d'août, mais la crise continue

Les salariés de la Samir ont été payés, mais les inquiétudes demeurent
DR
Les salariés de la Samir ont été payés, mais les inquiétudes demeurent

CRISE- Les salariés de la Samir peuvent pousser un ouf de soulagement. Alors que la question de savoir s’ils allaient toucher leurs salaires suite à l’arrêt de l’activité de leur employeur était sur toutes les lèvres, les 960 salariés de la raffinerie ont finalement reçu leurs salaires correspondant au mois d’août. C’est ce qu’indique Houcine El Yamani, le secrétaire général du syndicat des industries du pétrole et du gaz, relevant de la confédération démocratique du travail (CDT), joint par le HuffPost Maroc.

Pour autant, les salariés du raffineur implanté à Mohammedia sont loin d'être rassurés et s'inquiètent pour leur avenir, redoutant que leur employeur ne croule sous les dettes.

"Nous n’avons aucune visibilité quant à un retour à la normale de l’activité de la Samir, notre futur est incertain”, s’alarme Houcine El Yamani.

Et pour cause, la raffinerie, touchée par le recul des cours de pétrole et très lourdement endettée auprès des banques, des fournisseurs et de l’État, traverse une grave crise.

Le 5 août, elle a stoppé toute activité, avant de voir quelques jours plus tard ses actifs saisis par l’administration fiscale et douanière du Maroc pour recouvrer une créance fiscale estimée à 13 milliards de dirhams. En tout, sa dette globale culmine à plusieurs dizaines de milliards de dirhams…

Rendez-vous le 8 septembre

Aujourd’hui, tous les regards sont tournés vers le principal actionnaire, le groupe Corral Petroleum Holding du milliardaire saoudien Mohammed Al Amoudi, dont les récentes négociations avec le gouvernement marocain se sont soldées par un échec. Le 8 septembre, la direction générale de l’unique raffinerie du pays tiendra son Conseil d’administration, afin de convoquer son Assemblée générale extraordinaire un mois plus tard pour concrétiser une « augmentation de capital », selon la direction.

La crise pourrait alors être surmontée si le principal actionnaire accepte d'injecter suffisamment d'argent frais dans la raffinerie. En somme, assainir les comptes pour espérer survivre. En attendant, l’arrêt d’activité a d'ores et déjà des répercussions sur les sociétés d'aménagement des routes, en raison d’une pénurie du bitume, d'après une source proche du dossier contactée par la rédaction.

Le bureau exécutif de la CDT s'est réuni vendredi à son siège pour évoquer le dossier Samir. Dans un communiqué publié lundi 31 août, il appelle le principal actionnaire de la raffinerie à "assumer ses responsabilités et à proposer une solution sérieuse à la crise".

LIRE AUSSI: