ALGÉRIE
31/08/2015 14h:40 CET | Actualisé 01/09/2015 07h:41 CET

Kamel El Harrachi, le repreneur du flambeau du père

Quand Dahmane El Harrachi disparaît tragiquement le 31 août 1980 dans un accident de circulation, Kamel El Harrachi est un tendre bambin de sept ans. Le monde du chaâbi s'efforce difficilement de faire son deuil. Et s'interroge sur la postérité du défunt et se demande de quoi la mémoire artistique du "Rayah" sera faite.

Si Kamel a les traits de son père et lui ressemble comme deux goûtes d'eau, il est loin d'avoir envoyé -- à ce moment là -- l'image d'un repreneur du flambeau. Certes, il a grandi sur les genoux de son géniteur et sur fond de ses sonorités. Mais rien ne dit encore que le jeunot Kamel est en passe de s'emparer du mandole du papa et en poursuivre la carrière.

Élevé dans un environnement dédié aux mélodies chaâbi, Kamel El Harrachi fait son apprentissage, s'imprègne de l'art du défunt et marche, au fil des années, sur ses traces. En 1991, Kamel tente un coup audacieux.

LIRE AUSSI: Dahmane El Harrachi, "toujours vivant", 35 ans après la mort

Il écrit un texte en puisant dans ses tripes et dans sa mémoire de jeunot attristé et peiné par la disparition de l'artiste. Intitulé générique du texte : Ghana Fenou, il a chanté son art, un texte dans lequel l'émotion le dispute au devoir de mémoire.

Kamel El Harrachi garde le texte au fond d'une territoire avant de le reprendre quelques années plus tard pour en faire le titre d'un album hommage à la mémoire artistique du "Rayah".

Une première tournée parisienne pour les besoins de la promotion de l'album, suivie d'une série d'interviews dans la presse le mettent sur orbite.

L'orphelin de 7 ans du papier est désormais un jeune artiste au talent avéré chargé d'un double challenge : tracer son chemin en tant qu'artiste et, parce qu'il est le fils de son père, veiller sur l'héritage artistique du cheikh, le cultiver et en assurer la postérité par-delà les générations.

Fort d'un look à l'identique de son géniteur, héritier d'une voix similaire et crédité d'une même touche du mandole, il capitalise les échos suscités par "Ya Rayah" version Rachid Taha et porte l'héritage de Dahmane dans les salles les plus emblématiques du Paris culturel et aux quatre coins du monde.

Le "Fen" de Dahmane se déploie désormais sous la bannière de la mondialisation.

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.


Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.