MAROC
30/08/2015 12h:41 CET | Actualisé 30/08/2015 12h:53 CET

Le Gabon inaugure l'AGEOS, la première agence d'études et d'observation spatiales en Afrique subsaharienne francophone

AFRIQUE - C’est à N’Kok, située à une vingtaine de kilomètres de Libreville, que le Gabon vient d’inaugurer sa première agence d’études et d’observation spatiales, Ageos, dédiée au développement durable et à la surveillance de l’environnement. Une première en Afrique subsaharienne francophone: seules l’Algérie, l’Afrique du Sud et le Kenya possèdent des agences similaires.

A l’occasion de cette inauguration officielle, en marge du NYFA 2015 et en présence du président gabonais Ali Bongo ainsi que de nombreuses personnalités politiques dont la ministre française de l’Ecologie, Ségolène Royal, l’accent a été mis sur le rôle majeur du spatial dans la protection de l’environnement.

"Sur les 50 variables climatiques essentielles à la compréhension du climat, plus de la moitié, soit 26, sont observées depuis l’espace", a précisé a ce titre Jean-Yves Le Gall, président du Cnes, l'agence spatiale française, qui a fait le déplacement pour l’occasion.

Couvrant un rayon de de 2 800 km, soit 23 pays africains, le Gabon se dote ainsi de son propre système de surveillance environnementale assisté par satellite du bassin du Congo et de l’Ogooué, d'une partie des forêts de l’Afrique de l’ouest et de la totalité du golfe de Guinée. Surnommée le second poumon du monde, la forêt du bassin du Congo avec ses 300 millions d’hectares est le deuxième plus vaste massif forestier après l’Amazonie.

Lors de cette inauguration, Ségolène Royal a souligné "le rôle crucial de l’Afrique" qui affiche "optimisme et volonté" pour répondre au défi climatique. Outre le suivi de l’évolution du couvert forestier, l’Ageos s’impose également comme un nouvel instrument de surveillance des frontières maritimes et terrestres pour le Gabon ainsi qu’un moyen d’observation des zones pétrolières offshore.

L’Agence qui ambitionne de devenir un centre de recherche, d’innovation et de développement dans la région fait pourtant des sceptiques au sein de la population gabonnaise. Cette inauguration n’a, en effet, pas manqué de faire réagir sur les réseaux sociaux où des internautes ont notamment interpellé la ministre française: "Protéger la forêt c’est bien, protéger les Gabonais ce serait mieux!".