ALGÉRIE
29/08/2015 03h:35 CET | Actualisé 29/08/2015 04h:03 CET

De très graves accusations pèsent sur lui : le général Hassan, ancien chef de l'antiterrorisme incarcéré à Blida

Bouteflika- Gaïd Salah: la place du DRS est en "question" (archives)
El Watan
Bouteflika- Gaïd Salah: la place du DRS est en "question" (archives)

Limogé en septembre 2013 dans le cadre d'une mesure qui a touché plusieurs généraux dans les services de sécurité, sous contrôle judiciaire depuis février 2014, le général-major Hassan, de son vrai nom Abdelkader Aït Ouarabi, ancien chef de la direction de la lutte contre le terrorisme, a été incarcéré jeudi soir à la prison militaire de Blida.

Selon le site le site Algérie1 citant de "bonnes sources", le général Hassan a été arrêté et transféré à la prison de Blida sur la base d'un mandat d'arrêt du tribunal militaire de Blida dans l'attente de son procès.

Le général Hassan a dirigé pendant des années la lutte anti-terroriste et il est réputé proche du patron du Département du renseignement et de la sécurité (DRS), le général de corps d’armée, Mohamed Médiene dit Toufik.

Ce haut gradé en charge de la lutte contre les groupes armés fait face à de très lourdes charges dont celle de constitution de "bande armée", de fausses déclarations sur le "stock d’armes en sa possession, détention et rétention d’armes de guerre, rétention d’informations et mensonge, à la suite d’interrogatoires de trois terroristes capturés à Tiguentourine".

Des accusations graves passibles de la peine de mort

Ce serait à la suite d'un contrôle effectué à Ouargla que des individus armés auraient indiqué qu'il avait été armés par le général Hassan, rapporte le site sans donner de précisions sur ces "éléments armés".

Quelques jours seulement après le limogeage du général Hassan, El Watan indiquait qu'on lui reprochait d'avoir "envoyé son unité de lutte contre le terrorisme pour une opération de récupération d’un lot d’armement qui devait être convoyé du nord du Mali vers l’Algérie sans aviser le commandant de Région. ".

Des charges très lourdes passibles de la peine de mort au regard des dispositions de l'article 86 du code pénal. La peine de mort est appliquée à celui qui "s'est mis à la tête de bandes armées ou y a exercé une fonction ou un commandement quelconque" indique l'article en question.

La peine capitale est également appliquée à ceux qui "ont dirigé l'association, levé ou fait lever, organisé ou fait organiser des bandes ou leur ont, sciemment et volontairement, fourni ou procuré des subsides, des armes, munitions et instruments de crime ou envoyé des substances ou qui ont de toute autre manière pratiqué des intelligences avec les directeurs ou commandants des bandes."

Ce haut responsable de l'antiterrorisme est de fait accusé et poursuivi pour des charges que l'on a l'habitude de retrouver dans des affaires de terrorisme en Algérie.

La charge de Saadani contre le général Toufik

Le jour même où était annoncée l'incarcération du général Hassan, un ancien officier du DRS, le capitaine Hichem Aboud a publié son site, "MonJournal" un article assurant qu'un climat de "grogne" montait parmi les officiers du DRS contre la "passivité" du général Toufik face aux "nombreux coups essuyés par son institution qui n'est plus que l'ombre d'elle-même."

Les rapports entre le DRS d’un part et la présidence et l’état-major de l’autre font l’objet d’analyses divergentes sur fond de multiplication de décisions concernant les haut-gradés mais également de limitation des prérogatives des services de renseignements dont celle de mener des enquêtes sur la corruption dans le secteur économique.

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Les dernières mesures en date ont porté sur la dissolution du Groupe d'Intervention Spéciale (GIS) qui relevait du DRS ainsi que la mise de la sécurité présidentielle sous supervision de la Garde républicaine.

Pour rappel, le 03 février 2014, le secrétaire général du FLN, Amar Saadani a lancé une attaque sans précédent contre le général Toufik et le DRS.

Amar Saadani a accusé le général Toufik d'avoir "failli dans la protection et la sécurité du président Mohamed Boudiaf", de ne pas avoir su protégé "ni Abdelhak Benhamouda, ni les moines de Tibehirine, ni les bases de pétrole dans le Sud, ni les employés des Nations unies en Algérie, ni le Palais du gouvernement. Cette direction n’a pas su bien protéger le président Bouteflika à Batna où il avait été la cible d’une tentative d’assassinat.".

"A mon avis, Toufik aurait dû démissionner après ces échecs" avait-il conclu son réquisitoire tout en reprochant également au DRS d'avoir "fait éclater, soi-disant, le scandale de Sonatrach pour cibler Chakib Khelil qui est l’un des cadres les plus intègres et les plus compétents de l’Algérie… ".

Un ancien officier des services, le colonel à la retraite Mohamed Khalfaouin a estimé que la crisé était réelle entre la présidence et le DRS. Selon lui, la présidence renforce sa propre sécurité, ce "qui est légitime" mais pas au point de " déstabiliser les autres services au moment où le ministre de l'intérieur évoque des dangers internes et externes" .

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