ALGÉRIE
28/08/2015 10h:00 CET

Parti de Mezrag: que prévoit la charte pour la réconciliation nationale?

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Des anciens membres de l'AIS (Armée Islamique du Salut), dont son chef Madani Mezrag, ont émis le souhait de créer un nouveau parti politique, alors que la charte pour la paix et la réconciliation nationale les empêche d'exercer une activité politique.

L'ex-leader du bras armé du FIS (Front Islamique du Salut) dissous, et ses adeptes, réunis à Kaous (Jijel), ont "officieusement" créé un parti appelé "le Front de l'Algérie pour la réconciliation et le salut" (FARS).

Madani Mezrag a également annoncé qu'il bénéficie du soutien des éléments de l'ex-FIS et qu'il allait déposer une demande d'agrément auprès du ministère de l'Intérieur, a rapporté jeudi 28 août le journal arabophone Echorouk.

L'information a provoqué de l'indignation sur les réseaux sociaux, de nombreux algériens se demandent comment Madani Mezrag qui, de son propre aveux, est un des responsables de la tragédie nationale durant les années 90, peut-il exercer une activité politique?




Que prévoit la loi?

La charte de la paix et de la réconciliation nationale, adoptée par référendum le 29 septembre 2005 pour mettre fin aux violences et tourner la page sanglante du terrorisme, ne permet pas à Madani Mezrag de créer la formation politique FARS.

Dans sa troisième section lisant les mesures pour "prévenir la répétition de la tragédie nationale", l'article 26 indique que "l'exercice de l'activité politique est interdit, sous quelque forme que ce soit, pour toute personne responsable de l'instrumentalisation de la religion ayant conduit à la tragédie nationale."

"L'exercice de l'activité politique est interdit également à quiconque, ayant participé à des actions terroristes refuse, malgré les dégâts commis par le terrorisme et l'instrumentalisation de la religion à des fins criminelles, de reconnaître sa responsabilité dans la conception et la mise en oeuvre d'une politique prônant la violence contre la Nation et les institutions de l'Etat", détaille encore l'article 26.

Pour rappel, l'agitateur salafiste Abdelfattah Hamadache, un autre personnage controversé en Algérie, est également le chef d'un parti qui n'a jamais été agréé, "le Front de la Sahwa".

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