MAGHREB
27/08/2015 11h:24 CET | Actualisé 27/08/2015 13h:20 CET

Tunisie: Des organisations appellent le ministère de l'Intérieur à s'excuser dans l'affaire des deux jeunes filles tuées par la police à Kasserine

Tunisian police officers guard  Imperial Marhaba hotel during visit of top security officials of Britain, France, Germany and Belgium in Sousse, Tunisia, Monday, June 29, 2015. British Home Secretary Theresa May, French Interior Minister Bernard Cazeneuve, German Interior Minister Thomas de Maiziere and Belgian Interior Minister Jan Jambon joined their Tunisian counterpart on the beach in front of the Imperial Marhaba hotel in the Mediterranean resort of Sousse for the tribute Monday. (AP Photo/
ASSOCIATED PRESS
Tunisian police officers guard Imperial Marhaba hotel during visit of top security officials of Britain, France, Germany and Belgium in Sousse, Tunisia, Monday, June 29, 2015. British Home Secretary Theresa May, French Interior Minister Bernard Cazeneuve, German Interior Minister Thomas de Maiziere and Belgian Interior Minister Jan Jambon joined their Tunisian counterpart on the beach in front of the Imperial Marhaba hotel in the Mediterranean resort of Sousse for the tribute Monday. (AP Photo/

JUSTICE - Il y a un an déjà deux jeunes filles avaient été tuées à Kasserine par des agents de police qui les ont prises pour des membres d'un groupe armé, alors qu'elles circulaient en voiture. Une conférence de presse a été organisée mercredi au siège du syndicat des journalistes, en présence de la famille des victimes et de cinq organisations de défense des droits humains. Il s'agissait de faire le point sur le résultat de l'enquête "qui contredit la version du ministère de l'Intérieur", selon ces organisations.

Le ministère avait assuré à l'époque que la voiture dans laquelle se trouvaient les deux victimes, Ahlem et Ons Dalhoumi, "était passée à grande vitesse" devant une patrouille de police qui était à la recherche d'un groupe armé. Mais malgré des signaux lumineux de cette patrouille puis des tirs en l'air, "elle n'a pas obtempéré et a continué à rouler, ce qui a obligé les agents à ouvrir le feu".

Sauf que l'enquête officielle ne dit pas la même chose. Hend Khechine, membre de l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT), a indiqué au HuffPost Tunisie que la conférence de presse visait à appeler le ministère de l'Intérieur à s'excuser, pour sa version "erronée".

"L'enquête du juge d'instruction a révélé plusieurs dépassements des policiers", a-t-elle affirmé. "Ce sont les policiers qui ont fauté lorsqu'ils ont refusé de se présenter au conducteur de la voiture".

Par ailleurs, l'OMCT déplore le fait que le cours de l'instruction ait été chahuté par des syndicats de police. Ceux-ci auraient fait pression sur le juge d'instruction afin qu'il libère deux policiers sur les trois arrêtés.

Un point positif peut néanmoins être retenu, selon elle: De Kasserine où l'affaire a provoqué un foyer de tension, elle a été transférée à Sfax.

"Nous pensons que les juges seront beaucoup plus autonomes à Sfax", a-t-elle assuré.

Ce genre de course-poursuite mortelle n'est pas un cas unique à Kasserine. En avril dernier, un homme avait été tué par balle après avoir été poursuivi par une patrouille des forces de l'ordre et de l'armée, près de Fériana. Et en aout, une jeune fille a été tuée et un homme a été blessé par balle lorsque des militaires ont ouvert le feu sur leur véhicule, craignant qu'il ne s'agisse d'éléments armés.

La région de Kasserine se trouve au pied du Mont Châambi, où l'armée pourchasse depuis 2012 des jihadistes armés responsables d'attaques ayant tué plusieurs dizaines de militaires et de policiers.

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