MAROC
27/08/2015 07h:51 CET | Actualisé 27/08/2015 09h:37 CET

Campagne électorale: Les chefs de partis se clashent

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SCRUTINS - Attaques directes, accusations, critiques dissimulées... Les campagnes menées par les chefs de partis se suivent et se ressemblent. Verbatim.

"Je vous jure que j'ai parfois l'impression que ma vie est en danger, mais ce peuple mérite que nous sacrifions pour lui"

En meeting à Tétouan, mardi 25 août, Abdelilah Benkirane s'est prononcé sur le harcèlement qu'il a subi à Taza la veille. S'il a été harangué par une foule qui lui criait de dégager, on est bien loin de la tentative de lynchage décrite par Benkirane, et dont il impute la responsabilité à l'Istiqlal. Comme tout patron de parti qui se respecte, Benkirane n'a pas raté l'occasion d'adresser des piques à son meilleur ennemi, Hamid Chabat. Pour le Chef du gouvernement, "ce n'est pas au PJD de faire campagne, c'est plutôt eux qui doivent faire campagne", en allusion au parti de la balance, et d'ajouter: "ceci, si jamais ils réussissent à convaincre des gens de voter pour eux sans leur proposer de l'argent en échange".

"Les Marocains ont perdu espoir, après qu'ils se sont rendus compte que leur Chef du gouvernement est un simple petit fonctionnaire"

A Fès, son fief électoral, Hamid Chabat n'a pas fait dans la dentelle. Pour le secrétaire général de l'Istiqlal, Benkirane "sert les agendas des ennemis du peuple marocain". Si Chabat n'a pas donné plus de détails sur l'identité de ces ennemis du peuple, il a énuméré ce qu'il qualifie de "trahisons du PJD". "Ce parti s'est retourné contre les revendications du 20 février, a trahi les aspirations du peuple marocain et de la jeunesse du pays, qui revendiquaient démocratie, justice sociale, lutte contre la corruption et la répartition des richesses. Le PJD s'est retourné contre ces gens, après qu'il a bénéficié des voix des Marocains pour entrer au gouvernement".

"Les programmes des partis se ressemblent, et pèchent par leur irréalisme"

Egal à lui-même, le secrétaire général de l'Union constitutionnelle (UC) et maire de Casablanca Mohamed Sajid ne s'est pas livré à l'exercice des attaques directes. Tout en insinuations, il a déclaré que son parti "ne suit pas cette logique imposée par les moyens de communication modernes. Nous n'avons pas de hashtag, mais nous nous posons la question 'qu'avons-nous réalisé ?"'. La référence au hashtag #Achbghit_Lbladi lancé par le Rassemblement national des indépendants (RNI) est on ne peut plus claire.

Sajid a aussi critiqué les programmes des partis politiques qui, selon lui, "se ressemblent, restent inchangés et pèchent par leur irréalisme. C'est d'ailleurs pour cela que les citoyens se désengagent de la politique". Le maire de Casablanca regrette également que le milieu politique "soit dominé par des escarmouches et un discours inconvenant".

"Les clowneries peuvent faire rire, mais les gens veulent, désormais, du sérieux"

Lors d'une réunion avec les candidats du RNI à Salé, le secrétaire général du parti Salaheddine Mezouar a déclaré que sa formation "ne tombe ni dans les conflits puérils, ni ne fait dans la surenchère inutile". Pour Mezouar, le RNI est, avant tout, "un parti travailleur et sérieux". C'est, selon le RNIste en chef, la raison pour laquelle "les citoyens font confiance au parti et à ses élites, qui ont prouvé leur crédibilité".

Mezouar a ajouté que les élus et les ministres de son parti "n'ont jamais économisé d'effort" pour le bien-être des citoyens, quoiqu'ils ne se sentent "pas obligés de frimer et de crier sur les toits que nous avons réalisé beaucoup de choses, parce que nous croyons en l'intelligence des Marocains, qui savent distinguer entre celui qui travaille sérieusement et celui qui se contente de ressasser des slogans". Et de s'adresser directement aux candidats du parti: "vous devez vous classer premiers, parce que vous le méritez".

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